Metal Gear Solid : Peace Walker : MGSV avant l’heure

PWNote : bien que le jeu possède un mode multijoueur en ligne, je ne l’ai pas testé, donc je n’en parlerai pas. Par ailleurs, le jeu propose différents types de jouabilité, pour ma part, j’ai choisi le mode « Tireur », c’est pourquoi je ne parlerai que de ce mode en abordant la jouabilité.

Aujourd’hui, place à un jeu PSP remasterisé pour consoles HD : MGS : Peace Walker, développé par la Kojima prod. et édité par Konami, le lifting HD, quant à lui, étant le fruit du studio Bluepoint Games. L’histoire entre ce jeu et moi est assez compliquée. Sur la portable de Sony, n’y allons pas par quatre chemins, je n’ai absolument pas accroché. La faute à une jouabilité trop exigeante du fait de l’absence d’un second stick sur cette console, moi qui joue généralement sur une nomade sans me prendre la tête et pour un plaisir quasi immédiat (et non précoce ^^). Ceci étant dit, je me dis que quitte à avoir une jouabilité archaïque sur PSP, autant retrouver celle du premier épisode : les gâchettes pour sélectionner les items, les flèches directionnelles pour gérer les déplacements, les boutons classiques pour les actions, les tirs, le CQC et ramper et enfin le stick pour gérer la caméra quand on se déplace et le viseur quand… on vise. Enfin bref, bien que j’avais acheté le jeu en day one (en 2010) avec le pack d’accessoires trop classe et bien que l’histoire m’intéressait beaucoup, je n’ai pas passé le premier acte du jeu, les affrontements contre les véhicules blindés m’ayant achevé…

Ce n’est que lors de la sortie de MGS HD Collection que j’ai pu de nouveau m’essayer à ce jeu et mon ressenti a beaucoup évolué, notamment grâce à la présence du second stick qui, il faut le reconnaître, améliore grandement le confort du jeu. Avant d’entrer dans les détails, rappelons que le jeu s’inscrit dans la saga consacrée à Big Boss et fait suite à Metal Gear Solid 3 (et accessoirement à l’épisode Portable Ops, mais ceux qui ne l’ont pas fait comme moi ne seront pas pénalisés). Après avoir défait The Boss dans MGS3, Naked Snake a obtenu le titre de Big Boss, mais est assez réticent à l’utiliser. De plus, il a déserté les Etats-Unis et c’est avec un associé, Kazuhira Miller (ou Master Miller pour les intimes), qu’ils vont monter une ONG militaire intitulée MSF pour Militaires sans Frontières, dont la base est située au cœur de l’Amérique Latine. C’est à l’occasion d’une rencontre avec un curieux professeur d’université (qui a une main à la Goldorak) et de l’une de ses étudiantes que Snake est en route pour une nouvelle aventure semée d’intelligences artificielles, de conflit sur fond de Guerre Froide et d’enregistrements cassettes.

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Réalisé à l’origine comme s’il s’agissait de MGS5, cet épisode dispose d’une histoire qui tient la route du début aux deux fins. On y retrouve de nombreuses références, tant aux anciens épisodes qu’aux futurs (je parle en terme de chronologie), mais aussi pas mal de rebondissements et une intensité qui va crescendo, notamment dans les dernières missions principales du jeu. De nouveaux personnages font leur apparition, et s’intègrent assez bien dans la mythologie MGS, sauf peut-être les personnages issus des missions Monster Hunter, mais j’y reviendrai. Le jeu bénéficie d’un très bon background, même s’il est possible de passer très facilement à côté. Je m’explique. Chaque mission donne lieu à un briefing sous forme de cassettes audio donnant lieu à quelques heures de monologues ou dialogues des différents protagonistes. Par exemple, ceux qui découvriront les journaux de Paz au fil du jeu auront un très bel aperçu de la vie au sein de MSF. Ce ne sont que des paroles, certes (c’est d’ailleurs dommage qu’il n’y ait pas d’images pour illustrer ces passages), mais suffisamment bien écrites pour que l’on s’y croit. D’ailleurs, l’écoute de ces cassettes permet de mettre fin à une polémique idiote, à mon sens, sur le personnage de Paz.

Je parlais d’illustrations, car en effet, le jeu dispose de très peu de cinématiques 3D, mais davantage de cinématiques sous formes d’illustrations typées Comics, un peu à la manière du MGS Digital Graphic Novel. Et franchement, ces illustrations claquent et renforcent le charisme de Snake, Ces cinématiques peuvent être interactives, soit en faisant du zoom à travers les vêtements des quelques personnages féminins du jeu, soit en ayant quelques QTE (dont une série rappelant la scène de torture du premier MGS et qui est une vraie torture à réaliser…). La réussite de ces QTE garantit un bon rang en fin de mission. Passons à présent au jeu en lui-même.

Comme je l’ai mentionné, le jeu est découpé en missions ou « Ops » : il y a les Ops principales, les Ops Bonus et les Outer Ops. Seuls les deux premiers types sont jouables, les Outer Ops étant des missions dans lesquels on envoie ses soldats sur le front. Car en effet, dans MGS Peace Walker, on envoie des soldats en mission, mais pas que ! Dès le début du jeu, on se voit attribuer une plate-forme en pleine mer, qui prendra le nom de Mother Base et qui sera le centre de commandement de MSF. On se retrouve alors dans un jeu de gestion, parallèlement au jeu d’action/infiltration. Avant d’aborder ce second aspect, connu de tous, je vais insister sur l’aspect gestion. La Mother Base comprend différentes sections : les Unités de combat (celles que l’on envoie en Outer Ops, ou bien des soldats qu’il est possible d’incarner lors d’Ops Bonus), une section Recherche et développement (pour créer des armes, des équipements pour les Ops principales et Bonus), une Cantine (qui cuisine des rations et fait grimper le moral de la Mother Base), une Infirmerie (utile pour les soldats malades ou blessés) et une équipe de Renseignement (utile pour la création de certains équipements, et qui donne des informations sur les différentes missions).

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Chacune de ces sections peuvent avoir un nombre défini de soldats (100 pour Unités de combat, 50 pour les autres) et montent de niveau de 1 à 100. L’intérêt d’augmenter le niveau de ses sections est de pouvoir débloquer de l’équipement plus performant et des armes plus puissantes. Pour avoir des soldats, trois possibilités s’offrent à vous : soit les recruter, soit des volontaires, soit les capturer. Quoi, comme dans Pokémon ? C’est un peu ça. Lors des différentes missions (principales et bonus), il est recommandé d’étourdir, d’endormir ou de mettre en joue les différents soldats croisés, qui pourront être alors capturés via le dispositif Fulton (un gros ballon gonflé à l’hélium qui envoie le soldat capturé en l’air), puis, après un bref séjour par la case prison, ils pourront se rallier à la cause de Snake et ainsi gonfler les rangs de la Mother Base dans l’une des différentes sections que vous aurez choisie.

J’ai trouvé ce système assez addictif, à chaque nouveau soldat capturé, on essaye de voir dans quel domaine il est le plus performant afin de choisir la section où il sera le plus utile. Il est néanmoins dommage de devoir refaire plusieurs fois le même niveau une fois que l’on a localisé LE soldat ayant des stats élevées pour le capturer des dizaines de fois… Pour les allergiques à la gestion, il existe toujours l’option d’assignation automatique. En revanche, il est impossible de passer à côté, tellement ce système est indispensable à la progression dans les Ops principales. Par exemple, une mission du jeu nécessite du C4, ce qui demande un certain niveau de R&D. Revenons-en à la partie action/infiltration qui reste néanmoins le cœur du jeu. Le jeu compte un peu plus de 150 missions, une trentaine de missions principales, le reste en missions bonus. Les différentes missions bonus se débloquent en en réussissant d’autres et voir la première ou la seconde fin ne débloque pas l’intégralité des missions bonus. Les missions bonus, au nombre de 128, sont variées pour une bonne partie d’entre elles (certaines ne sont pas sans rappeler les VR Missions des anciens MGS, donc assez amusantes/surnaturelles), les autres étant des affrontements contre des véhicules (j’en reparlerai un peu plus tard). Enfin, huit missions Monster Hunter sont à débloquer, mais je ne dirai pas comment (celles-ci sont bien compliquées). La réalisation de toutes ces missions permet de débloquer de nouveaux items, dont certains assez emblématiques (Bandana ?). Il faut compter de bonnes dizaines d’heures pour tout réaliser, davantage pour obtenir le meilleur rang à chaque fois. Je dois être proche des 25 heures de jeu et je n’ai toujours pas débloqué toutes les missions bonus.

Les niveaux sont plutôt bien construits, même si finalement, on n’en compte que très peu. Des morceaux sont choisis pour les missions et comme les objectifs changent assez régulièrement, on ne fait pas trop attention à cela, même si on connaît l’environnement, la façon de l’appréhender change et donc ça ne choque pas. L’IA des ennemis n’est pas terrible, leur puissance change en fonction de leur équipement/armement. Si cela peut apparaître comme un défaut, ça l’est moins quand on décide la jouer furtif. D’autant plus qu’en fonction des missions, on peut vite se retrouver submergé par des vagues d’ennemis suréquipés, et je ne parle pas des méchas à affronter, qui peuvent vous tuer en quelques coups sans avoir rien vu venir.

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Graphiquement, n’oublions pas qu’il s’agit à la base d’un épisode portable, donc ce n’est pas magnifique, mais grâce au lifting HD, ce n’est pas moche non plus, juste convenable. Les différents personnages principaux sont bien modélisés, il est possible de voir les modèles 3D des personnages féminins pour s’en rendre compte. Comme pour chaque épisodes, les artworks sont magnifiques, d’autant plus dans les cinématiques style Comics. De même, il est sympa de voir que les différents soldats de la Mother Base ont un visage dessiné. La Mother Base est représentée dans le menu de gestion, même si on n’interagit pas directement sur son évolution, on peut remarquer que progressivement, elle s’agrandit, jusqu’à former un véritable hub avec un centre de commandement, des hangars, etc. En ce qui concerne les différents méchas à affronter, je ne vais pas trop spoiler, ceux-ci sont sympas, même si je trouve les véhicules blindés/chars/hélicos répétitifs (je vais y revenir).

S’agissant de la jouabilité, le gros défaut de la version PSP est corrigé et ici, c’est un véritable plaisir de prendre Snake en main. Afin d’en parler facilement, je vais parler de mon expérience sur les deux versions. Alors que sur PSP, je n’arrivais pas à avoir un seul rang A dans une mission et que celle où l’on affronte un blindé m’a tué, sur la version HD, c’est vers la fin du second acte que j’ai eu mon premier rang B. L’explication à cela réside surtout dans le système de visée. Avec les touches croix, carré, triangle, rond, la visée est beaucoup trop approximative, et quand on veut viser un mec qui bouge, on en bave, on se fait repérer plus rapidement et du coup, ça influe sur le rang final. Là, via le second stick, la visée se fait sans problème, les headshots sont plus courants et j’ai même découvert qu’un coup d’anesthésiant dans l’arrière train avait le même effet qu’un headshot. Certains parleront de la visée auto, oubliez-là, car elle est trop approximative.

La bande sonore est agréable, les doublages sont toujours aussi excellents, même si celui de Cecile lui donne l’impression d’être niaise. Les sons n’ont pas changé. Pour ce qui est des musiques, les compositions originales sont de bonne facture, il est même possible d’avoir accès à des musiques d’anciens opus via un Walkman Sony (chose assez amusante à voir sur 360 ^^). Alors épisode parfait ? Et bien non ! Si j’ai mentionné un très bon scénario, ainsi qu’un très bon background, je regrette que les personnages secondaires ne soient pas assez mis en avant, on sait vers qui il faut s’attacher, mais puisqu’on le sait, on n’est finalement pas si surpris que ça de l’issue de l’aventure. On pourrait aussi parler du système de camouflage, qui en a beaucoup perdu depuis MGS3 (même si certaines tenues ont des atouts supplémentaires). Un autre défaut, selon moi, est la surenchère d’affrontements contre des méchas, il y en a beaucoup trop. Et quand on sait qu’il faut absolument les faire pour débloquer les meilleures missions bonus, on a vite l’impression de refaire les mêmes missions. Au début, on cherche à prendre son temps pour étourdir puis capturer les groupes d’ennemis qui escortent le véhicule, mais on se rend compte dans les missions qui suivent, que l’on n’a plus assez de matériel pour capturer tous les ennemis et que si on veut, dans ce cas, capturer le méchas qui nous tire dessus, il faut tuer tout le monde. Je vous laisse imaginer la crise de nerfs. Pour passer la mission, il ne reste plus qu’à endormir le groupe d’ennemi (ce qui ne fera pas intervenir d’autres vagues) puis de détruire le méchas jusqu’au moment où on aura l’équipement suffisant. Trop de mission de méchas, j’aurais aimé davantage de missions WTF à la MGS2 : Substance !

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En définitive, malgré ces quelques défauts, nous tenons là un opus plutôt sympathique. Très complet, on retrouve à la fois le scénario sérieux, mais aussi des passages plus détendus. Une version portable améliorée par son passage à la HD qu’aucun fan de la saga ne devrait se permettre de louper. Kojima nous propose une aventure qui nous implique complètement dans la saga, on devient un acteur à part entière à partir du moment où nous est donné la possibilité de gérer la Mother Base, qui finira très vite par prendre le nom d’Outer Heaven (avant sa délocalisation).

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3 commentaires pour Metal Gear Solid : Peace Walker : MGSV avant l’heure

  1. Koreana_ dit :

    Excellente critique, je pense sincèrement à me prendre le portage un de ces quatre.

    • Merci beaucoup pour ton commentaire, effectivement je le recommande parce qu’il apporte pas mal de nouveautés, on se prend très vite au mode gestion qui devrait faire son grand retour avec Phantom Pain.

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