Ground Zeroes raconté à la première personne

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Voilà maintenant une semaine qu’est disponible Metal Gear Solid V : Ground Zeroes. Après avoir fait le jeu à de nombreuses reprises, je comptais faire une review classique quand m’est venue l’idée de faire quelque chose de plus original. En fait, je n’ai aucune envie de débattre sur la durée de vie du jeu, ni sur le fait de savoir s’il s’agit d’une démo de luxe ou bien d’un titre à part entière. A la place, j’ai décidé de vous parler de mon expérience sur ce jeu, où plus que jamais, j’ai pu y incarner Snake. Je n’ai donc pas pu résister à l’envie de vous raconter cette expérience à la première personne. Quelques passages sont susceptibles de choquer, ils choquent aussi dans le jeu. Il est évident que cet article contiendra de nombreux spoils sur la mission Ground Zeroes. Je ne fais pas allusion aux différentes cassettes bonus que l’on peut collectionner et qui creusent le background du jeu. J’ai pris quelques libertés sur le déroulement de l’aventure, pour rendre l’histoire plus fluide. Enfin, la totalité des actions décrites dans ce texte sont réalisables le pad en main.

Snake… un nom d’un passé lointain, je le préfère toutefois à Big Boss. Il y a 11 ans, on me chargeait d’éliminer The Boss, celle qui m’a tout appris, pour avoir trahi son pays, avant d’apprendre qu’en réalité, elle s’était sacrifiée pour sa patrie. Pour certains bureaucrates, cette mission fit de moi un héros… Cette époque est désormais lointaine. Je suis depuis à la tête d’une armée privée, Militaires sans Frontières. Lors d’une mission au Costa Rica en 1974, j’ai fait la rencontre d’une jeune femme, Paz Ortega, qui s’avéra être une espionne au service d’un certain Cipher et dont j’ai dû me débarrasser. Durant cette même mission, j’ai obtenu le soutien de rebelles sandinistes du Nicaragua, parmi lesquels figurait Chico, un gosse d’une dizaine d’années qui voulait faire ses preuves. A la suite de cette mission, j’entrepris, avec l’aide de Kazuhira Miller, le développement de Mother Base, notre Quartier Général, avec pour objectif d’en faire un Etat militaire, pour des militaires, libre de toute idéologie.

Cette nuit, je ne suis rien de tout ça… Cette nuit, je suis juste… Snake… Il y a une dizaine jours, nous apprenions que l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique allait nous rendre visite sur la Mother Base, une visite de contrôle. Au même moment, nous apprenions que Paz, disparue en pleine mer, était en réalité prisonnière d’une base américaine implantée sur le sol cubain, le Camp Omega. Les rumeurs qui circulent à propos de cette prison parlent d’elles-mêmes : torture, moral brisé, désespoir. Le tout commis par des soldats, en toute impunité. J’ai du mal à croire à une simple coïncidence. Ce qu’elle a pu ou pourrait révéler pourrait compromettre toute la Mother Base. Elle reste aussi notre seule option afin de localiser Cipher. Nous préparions donc une mission pour l’exfiltrer du camp. Cependant Chico n’en a fait qu’à sa tête, il a tenté de s’infiltrer de lui-même dans le Camp Omega pour secourir Paz mais il s’est fait capturer à son tour… Cette nuit, je dois les libérer tous les deux.

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Je profite du départ de plusieurs hélicoptères afin de m’infiltrer plus facilement, j’escalade les falaises au sud, l’endroit le moins surveillé du camp. Il pleut beaucoup. Je mémorise la place pour plus tard, ça pourrait être le lieu idéal pour s’échapper une fois la mission terminée. Mon équipement est limité, pas question de faire du bruit : un pistolet tranquillisant, un fusil d’assaut et des grenades si jamais la mission prend une autre tournure… Dans le pire des cas, je pourrai toujours récupérer des armes et des munitions sur place. Des jumelles, des lunettes de vision nocturne et mon iDroid qui me donne des infos en temps réel sur mon environnement et qui pourra faciliter mon exfiltration. Avec Kaz, nous revoyons, par radio, une dernière fois les objectifs de la mission : localiser et libérer Chico et Paz. En consultant ma carte, j’aperçois des cages du côté est du camp. Autant commencer par là. En avançant, j’aperçois un garde, posté sur une tour, jouant du projecteur. Il pourrait peut-être me renseigner. J’avance tranquillement, en évitant les faisceaux lumineux jusqu’à la tour, que j’escalade sans me faire repérer. J’attrape le garde à mains nues, il n’a rien vu venir… Je l’interroge sur ce qu’il sait, il m’indique où sont situés les soldats dans la zone sud du camp. Je ne l’élimine pas, je préfère l’étourdir.

Je progresse vers l’est du camp, j’arrive du côté des cages. L’endroit est tellement dégradant pour des prisonniers… Cinq prisonniers sont disséminés dans les différentes cages. A l’aide de mon pistolet tranquillisant, je neutralise deux gardes qui patrouillent dans les environs, je peux alors concentrer mes recherches sur les cages. Les prisonniers sont cagoulés… Tous ? Non, je vois une silhouette qui semble être celle de Chico. Je me rapproche de la cage en question, oui… c’est bien lui. J’essaye de lui adresser la parole, mais il ne répond pas, je l’éclaire avec ma lampe torche, en me reconnaissant, il prend peur. Il se met à crier, j’essaye de le calmer, mais en vain, il est choqué. Mais il doit se calmer, le bruit qu’il fait commence à alerter les cages alentours, les autres prisonniers veulent aussi être secourus… S’ils s’y mettent tous, la mission risque d’être compromise. Je n’ai pas d’autres choix que d’étourdir Chico. Le gamin calmé, les autres prisonniers ne réagissent plus. Je réalise que Paz n’est pas dans les parages, il faut croire qu’elle a été déplacée. Mais où ? Sur le sol, une cassette audio, je la ramasse, elle pourrait peut-être me donner des infos. Je préviens Kaz que j’ai récupéré Chico, mais en regardant ses jambes, je constate qu’il ne pourra pas se déplacer de lui-même. J’ose à peine imaginer ce qu’ils lui ont fait… A un gosse… Kaz m’indique un endroit dégagé au nord-est d’ici, près des falaises, je pourrai faire exfiltrer Chico d’ici. Il va falloir le porter jusque-là. Au moment de quitter la zone, j’entends les gémissements d’un autre prisonnier, il implore mon aide, il a une femme, une fille, qu’il voudrait revoir…

Je longe les falaises pour amener Chico au point de rendez-vous. Il pleure pendant le transport, il est incohérent dans ses propos, il me dit qu’il n’a pas réussi à la sauver, que Paz est morte. Qu’il est désolé. Je le pose afin de prévenir un hélicoptère pour venir le chercher. Le pilote m’explique qu’il risque de mettre du temps pour arriver à cause du vent et de la pluie. J’ai donc un peu de temps, je mets Chico à l’abri et j’en profite pour aller chercher les autres prisonniers. Ce sont quatre individus, tous différents les uns des autres que je ramène près de Chico. Kaz me demande pourquoi je les sauve. Je ne peux pas m’en empêcher. Au pire, ils pourront me fournir des renseignements, au mieux, ils viendront gonfler les rangs de la Mother Base. L’hélico arrive, je fais monter tous les prisonniers, y compris Chico qui a recouvré ses esprits. Les gardes ont bien déplacé Paz, mais il ignore où, il est convaincu qu’elle est morte… J’ai du mal à y croire. Je dois en être sûr. Il me tend une autre cassette audio, qui contiendrait des enregistrements qu’il a effectués avec son Walkman. Brave petit. L’hélico s’envole, je suis de nouveau seul, mais déterminé à retrouver Paz. J’écoute les cassettes que j’ai récupérées, j’entends la voix de Chico, mais aussi les hurlements de Paz, un drapeau qui flotte, une porte de hangar qui s’ouvre. Quelques maigres indices…

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En retournant vers le camp, j’aperçois deux soldats qui discutent. En m’approchant d’eux, je réalise qu’ils parlent d’une « prisonnière » qui aurait été déplacée des cellules vers le bâtiment administratif. Peut-être Paz ? La prisonnière en question serait « salement amochée ». En consultant ma carte, j’aperçois ce bâtiment vaste, au nord de ma position. Je devrais les exécuter, mais je n’ai pas le temps pour eux, un camion est garé non loin de ma position, l’arrière du véhicule est rempli de rations. Je me dissimule dedans, en espérant qu’il se rende bien vers le bâtiment administratif. Le camion reprend sa route, en observant les alentours, il s’avère que le véhicule se dirige effectivement vers le bâtiment où serait retenue Paz. Soudain, il s’arrête. Le conducteur descend, je cramponne mon fusil d’assaut, au cas où, je reste concentré sur le moindre bruit. J’attends quelques secondes, qui paraissent aussi longues que des minutes. Finalement le conducteur retourne dans le véhicule, j’entends une porte de hangar s’ouvrir, le même bruit que sur l’enregistrement de Chico. Le véhicule finit par se garer, le conducteur quitte de nouveau son véhicule, je suis arrivé à destination.

D’après ses renseignements, Kaz m’indique que l’endroit est truffé de caméras de surveillance, si je parviens à localiser Paz, il me sera peut-être nécessaire de couper l’alimentation du camp, pour faciliter ma sortie, faire diversion. Un peu plus loin, je vois un garde, il n’a pas l’air très malin celui-ci. Je prends un chargeur vide que je lance dans un coin sombre. Comme prévu, en faisant du bruit, le garde est allé voir de quoi il s’agissait. Arrivé derrière lui, je le tiens en joue, il lève les bras et laisse tomber son arme. Je le saisis à la gorge, je lui demande où a été transportée la prisonnière. « Enchaînée dans la chaufferie, seule sans surveillance ». En lui demandant ensuite où se situe l’alimentation du camp, il me répond qu’il n’a plus rien à me dire. Ce à quoi je réplique qu’égorgé, effectivement, il n’aura plus rien à me dire. La menace fonctionne, à l’ouest du camp, je pourrai manipuler l’alimentation à ma guise. Si je meurs d’envie de l’exécuter, je tiens parole et je l’assomme. Quand il devra rendre compte de ses actes à ses supérieurs, à ce moment-là, il réalisera que la mort n’aurait pas été si mal finalement…

Plus je m’approche de la chaufferie, plus l’endroit est surveillé, ce sont trois gardes et une caméra de surveillance que je dois éviter. Arrivé dans ce qui semble être la chaufferie, je m’approche d’une porte grillagé. J’aperçois une silhouette immobile. La voilà… Paz… Cheveux courts. A genoux. Les bras suspendus. Tout ce qui faisait d’elle une jeune femme a été effacé, elle n’est rien de plus qu’une prisonnière. Les marques sur son visage semblent suggérer que la torture fut plus violente pour elle que pour Chico. Je crochète la porte, puis ses chaînes. Elle me reconnaît, elle pense que je viens l’achever. Je la mets sur mes épaules. Reste plus qu’à la sortir de là. Au même moment, Kaz me demande de faire vite, il a intercepté une communication au sein du camp. On aurait donné l’ordre d’aller voir comment se porte la prisonnière. Je n’ai même pas le temps de quitter la chaufferie que je tombe nez à nez avec deux gardes. Ils sont tout aussi surpris que moi, sauf que j’ai le temps de dégainer mon pistolet tranquillisant et en un éclair j’immobilise les deux soldats. Pas le temps de cacher les corps, je consulte ma carte, je ne suis plus très loin des générateurs.

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Personne ne surveille l’alimentation, erreur de débutant. En trouvant le moyen de tout couper, Kaz me recontacte, il me transmet une nouvelle communication interceptée. Des gardes ont trouvé deux soldats endormis sur le sol, et une cellule vide. Je profite de ce moment de surprise pour couper l’alimentation du camp. Aucune alarme ne pourra être déclenchée jusqu’à ce qu’ils rétablissent le courant. Comme prévu, toutes les lumières du camp s’éteignent. J’en profite pour contacter l’hélicoptère chargé de l’exfiltration, je lui indique l’endroit où j’ai débuté ma mission. Il devrait arriver d’ici une dizaine de minutes. C’est amplement suffisant. Je sors du bâtiment administratif. Le chemin que j’emprunte n’est pas surveillé, ma diversion a fonctionné. Si j’avais eu des explosifs, j’aurais pu faire exploser une ou deux de leurs batteries DCA en plus, ils n’auraient rien compris. Sur mon dos, Paz est elle aussi incohérente. Elle rit, elle pleure, elle veut que je la frappe, que je l’abandonne, elle s’excuse. Elle a été brisée elle aussi. Son calvaire est loin d’être terminé, elle sera aussi interrogée sur la Mother Base. Dieu sait comment Kaz se comportera avec elle…

C’est au moment où je franchis le grillage par lequel je suis entré que le courant du camp est rétabli, l’alarme est aussitôt déclenchée. L’hélicoptère n’est plus très loin. J’y installe Paz, je monte à mon tour. L’hélicoptère commence à prendre de l’altitude. La mission est une réussite. Pendant le retour, Chico et moi remarquons les nombreuses cicatrices sur le ventre de Paz. Des cicatrices grossières, les coutures ont été faites à la va-vite. Ils l’ont peut-être piégée. J’appelle le toubib. Il faut qu’on l’ouvre, mais nous n’avons pas le temps de l’anesthésier. J’ordonne à Chico de la tenir. Le toubib prend ses instruments et commence à défaire les coutures. Nous voyons la plupart de ses organes, le médecin y plonge ses mains à la recherche d’un objet non désiré. Elle se met à hurler de douleur et cherche à se débattre, Chico et moi la tenons fermement. Du sang nous éclabousse, Chico en a plein les mains. Elle remue dans tous les sens, je lui promets que ce sera bientôt terminé. Finalement, le toubib sort effectivement quelque chose, on dirait du C4. Je m’en empare et je jette la bombe par-dessus bord.

Au bout de quelques heures, alors que nous approchions de la Mother Base, le pilote de l’hélicoptère me prévient qu’il n’arrive pas à joindre le QG. Pourtant les communications n’ont pas l’air d’avoir été coupées. Je veux voir ce qu’il se passe à l’extérieur. C’est un véritable champ de bataille qui se dessine devant moi. Des incendies, des balles qui fusent, des explosions, des cris. La Mother Base est attaquée. Les salauds… La visite d’inspection n’était qu’un prétexte. Mais ils ne trouveront jamais ce qu’ils cherchent, ZEKE est au fond des eaux et je compte bien l’y laisser… J’ordonne au pilote de se poser, je dois trouver Kaz. Pas question de faire dans la finesse, j’attrape mon fusil d’assaut. Je charge Chico de surveiller et de protéger Paz. L’hélicoptère se pose, je saute sur la piste. Je tire vers un hélicoptère qui nous prend pour cible, en quelques balles, l’engin finit par s’écraser, j’ai à peine le temps de reprendre mon souffle que j’aperçois un soldat au loin avec un lance-roquette. Je le touche, mais trop tard… Il a eu le temps de faire feu, je n’aurai réussi qu’à dévier le missile. Un de nos gars a réussi à retrouver Kaz, il ne semble pas blessé, mais désorienté. Je le prends avec moi pour le faire monter dans l’hélico. Au même moment, notre tour de communication s’effondre, la Mother Base commence à tanguer, elle s’apprête à couler…

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Kaz me fait monter à son tour, nous commençons à nous éloigner, à prendre de l’altitude, nous assistons, impuissants à la destruction de notre Quartier Général. Nous avions mis plus d’une année à la bâtir, il n’aura fallu qu’une seule nuit pour la détruire… Kaz confirme mes doutes, l’inspection était bien un écran de fumée. Il s’énerve, en voyant Paz, il la somme de s’expliquer, cette « salope d’espionne ». Sa colère peut paraître disproportionnée, mais il n’a jamais digéré sa trahison. Il s’en veut d’autant plus que c’est lui qui a insisté pour la faire venir sur la Mother Base… Paz se réveille en sursaut, crachant du sang. Elle est effrayée, elle s’approche de l’ouverture de l’hélico. Elle nous dit qu’elle porte une bombe. J’essaye de la rassurer en lui disant qu’on lui a retirée. Rien n’y fait, elle ouvre la porte de cabine, elle nous avoue qu’ils lui ont placés une seconde bombe. Nous n’avons pas le temps de réagir, elle se jette dans le vide, j’essaye de la rattraper, mais c’est trop tard. La bombe explose…

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