Dust : an Elysian Tail : la plus belle poussière…

Dust_CoverAujourd’hui, parlons d’un des jeux qui m’a marqué en 2012, pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de Dust : an Elysian Tail, sorti l’été 2012 sur le Xbla, et disponible sur Steam depuis mai 2013. Il s’agit d’un jeu d’Action/RPG, dans un style qui n’est pas sans mélanger des jeux comme Castlevania (façon Metroid) ou Muramasa, développé par Humble Hearts (plus précisément par Dean Dodrill) et édité par Microsoft. Dust fut en 2009 le gagnant d’un concours organisé par Microsoft (Microsoft Dream Build Play Challenge) dont le prix était un contrat de diffusion sur le Xbla, permettant ainsi au jeu de bénéficier d’une jolie publicité. Plus encore, Dust est sorti durant le Summer of Arcade, un événement qui a vu des jeux comme Braid, Trials HD, Limbo ou encore Bastion parmi sa sélection. Si le cru 2012 ne s’avère pas aussi fantastique qu’espéré, Dust est venu éclaircir un Summer of Arcade plutôt morose. Retour sur un jeu indé qui mérite franchement le détour.

Si l’intro du jeu ne nous apporte aucune information sur l’histoire (on passe d’un champ de bataille à une clairière), nous retrouvons Dust qui se réveille, amnésique, donc ignorant totalement ce qu’il fait et ce qu’il doit faire. Très vite, une voix résonne dans sa tête et aussi vite, le joueur finit par découvrir de qui il s’agit : Fidget, sorte de lapin volant, sorte de mascotte kawai au sale caractère, puis les deux finissent par découvrir une épée qui parle. Les trois vont se mettre alors en quête de faire retrouver la mémoire à Dust. Bon évidemment, très vite, l’histoire va dépasser la simple recherche de mémoire pour proposer une intrigue finalement assez sombre, contrastant avec la candeur et la naïveté du chara-design. Si on devine facilement les grandes ficelles, plusieurs révélations et passages arrivent à nous surprendre au bon moment, ce qui fait que l’on suit l’intrigue avec plaisir. Un passage en particulier a bien failli me tirer quelques larmes.

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Graphiquement, comme vous avez pu le constater, c’est de la très jolie 2D, dans la même veine que des titres de chez Vanillaware (Odin Sphere, Muramasa, Dragon’s Crown, etc.). Les décors sont magnifiques, on passe de la clairière au village, en passant par les habituelles cavernes, montagnes enneigées, des localisations très classiques, mais où ça bouge, avec des effets météorologiques convaincants ou ces petits détails qui rendent les décors vivants (animaux qui bougent, feuilles qui volent, etc.). Chaque nouveau tableau est un émerveillement et quand on pense qu’il ne s’agit « que » d’un jeu indé, chapeau. Le chara design est, à mon sens, un peu moins inspiré, Dust a la classe, d’autres persos sont plutôt bien dessinés, mais il y en a un paquet qui auraient mérité d’avoir davantage de charisme, le côté manga est bien choisi, mais ici, ça fait manga low-cost. Et c’est dommage, car passé cette petite faute de goût, le tout rend très bien. Même le bestiaire est plutôt inspiré à défaut d’être varié.

Techniquement, le jeu semble maîtrisé, en ce sens, en jouant, je n’ai pas souffert de bugs, sauf peut-être quelques ralentissements quand on se retrouve à affronter une dizaine d’ennemis, que ça bouge dans tous les sens et que l’on décide de lancer une attaque magique. Au niveau de la jouabilité, les combats sont très simples à gérer et très vite, on se retrouve à faire des combats épiques avec un Dust qui virevolte dans tous les sens, tel un ninja. Au fil des combats, Dust gagne de l’expérience et à chaque niveau gagné, il est possible d’augmenter ses stats, ainsi que ceux de Fidget. Le nombre d’attaques est assez faible, je dois l’avouer, mais les possibilités de combos sont impressionnantes, si on gère bien, il est facile de réaliser un combo de 1 000 coups. Fidget nous aide en utilisant des pouvoirs magiques, assez faibles, vu la taille du personnage, ses pouvoirs prennent de l’ampleur quand ils sont associés à la tornade de Dust, donnant lieu à une attaque combinée très (trop ?) puissante. Le système de contre est un des plus faciles à apprendre (il suffit de rester appuyé sur la touche d’attaque et le contre se fera automatiquement, pratique contre les ennemis un peu plus coriace). Le problème étant que très vite, via le contre et le système d’attaque combinée, Dust finit par être un monstre, rendant le jeu beaucoup trop facile, et les combats finissent par perdre en intensité (avant d’en regagner vers la fin de l’aventure). Quelques aptitudes sont à débloquer au fil de l’aventure (double saut, glissade), permettant de découvrir de nouvelles zones dans les lieux déjà visités.

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Un système assez intéressant est à noter : chaque ennemi tué libère du matériel (servant à crafter des équipements). Le matériel récupéré peut être revendu chez un marchand, qui finira par approvisionner lui-même le stock. Ainsi, il suffit d’obtenir un exemplaire de chaque matériel, puis de le revendre, afin de pouvoir en racheter comme on le souhaite. Ce système est assez intéressant, puisque l’on évite le côté répétitif de devoir aller chasser un type d’ennemi en particulier, de le tuer x fois pour être sûr de récupérer aléatoirement le matériel adéquat. Par ailleurs, nul besoin d’aller chez un forgeron (même si j’aurais préféré), Dust peut créer son équipement s’il dispose des plans, du matériel et de l’argent nécessaire. L’inconvénient, vous l’aurez compris, on perd en répétitivité pour gagner en facilité. Un rééquilibrage n’aurait pas été de trop.

La bande-son du jeu est magnifique, je reste encore sous le choc de la musique des Cavernes de Cirromon. Non vraiment, on retrouve de très belles compositions, certaines épiques, d’autres mélancoliques, chacune ponctue l’avancée de Dust sur le chemin de son passé. Les effets sonores sont efficaces. Je vais retenir surtout le doublage (intégralement en anglais), de très bonne facture, donnant une identité propre à chaque personnage.

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Vient la durée de vie, entre 10 et 12 heures de jeu, ce qui n’est pas mal du tout comparé à certains AAA. Outre la quête principale, de nombreuses quêtes annexes sont à débloquer, ainsi que des zones cachées, dans chaque monde, afin de dépasser au final les 100% d’accomplissement (à l’instar d’un Castlevania). De même, certaines zones cachées rendent hommage à des grands indépendants tels que Braid, Fez ou encore Super Meat Boy, mais ça, il faut les trouver. Enfin, le jeu propose quelques zones à défis, demandant une bonne maîtrise des commandes de Dust pour obtenir une médaille d’or. Il y en a donc pour tous les goûts. Le véritable défaut de Dust à mon goût, autre quelques erreurs dans le chara design, c’est sa trop grande facilité, et le fait que très vite, on devienne overcheaté, même en normal. C’est la raison pour laquelle je recommande de jouer directement en Difficile pour davantage de challenge. On pourra éventuellement reprocher son gameplay simpliste, ou l’absence de mini-jeux par exemple, mais ce serait oublier qu’il s’agit d’un jeu indépendant, fruit d’un seul développeur.

Au final, Dust se présente comme une pépite, que je conseille à tous les fans de A-RPG, aux fans de jeux Vanillaware, mais aussi à ceux qui souhaiteraient se lancer dans ce que l’on peut appeler un jeu d’été, qui se joue sans se prendre la tête, et c’est peut-être ça, sa plus grande qualité.

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