To The Moon : Eternal Sunshine of the Spotless Mind…

CoverHello à tous, aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler d’un Jeu PC : To The Moon, un jeu indépendant développé et édité par Freebird Games, sorti fin 2011. Il s’agit d’un jeu mélangeant le visual novel et le jeu d’aventure/puzzle. Ayant moi-même utilisé RPG Maker il y a quelques années, ne vous étonnez pas si j’utilise des termes renvoyant à ce logiciel (Charset pour parler des personnages, et Chipset pour le level design entre autres). On va commencer par aborder le synopsis du jeu, qui n’est pas sans évoquer quelques films tels Eternal Sunshine of the Spotless Mind, de Michel Gondry et Inception, de Christopher Nolan.

Le Dr. Rosalsene et le Dr. Watts travaillent dans une société qui n’est pas sans rappeler la société Lacuna Inc. du film de Michel Gondry. En effet, cette société permet à des clients en fin de vie d’interagir sur leurs souvenirs, afin de les modifier, d’y insérer une idée (comme dans Inception) pour qu’ils aient l’impression d’avoir vraiment vécu ces « souvenirs ». Ici, le client s’appelle John/Johnny, il vit reclus près d’un phare qui semble lui appartenir et il souhaite que l’on modifie ses souvenirs afin qu’il ait l’impression d’avoir réalisé son rêve ultime : être allé sur la Lune.

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Pour ce faire, les deux médecins doivent se rendre dans les souvenirs de Johnny, du plus récent, une semaine avant son décès, au plus ancien, pendant son enfance, pour y repérer des indices, qui permettront de débloquer des points d’ancrage afin de rendre effective la modification des souvenirs. Les différents points d’ancrage sont des objets communs et ouvriront un puzzle dans lequel il s’agira de reconstituer assez simplement une image. Chaque souvenir permet de rentrer dans l’intimité de Johnny et de son épouse River, un couple assez peu commun, à travers différentes étapes de la vie, auxquelles n’importe qui a pu ou aurait pu être confronté un jour, que ce soit directement, ou à travers un proche.

L’histoire est incroyable, et je pèse mes mots, du début jusqu’à la fin, on a envie de savoir pourquoi le rêve de Johnny est d’aller sur la Lune, pourquoi River paraît si distante, pourquoi la maison près du phare, pourquoi tous ces origamis, etc. De même, la présence de nombreux rebondissements, de surprises inattendues, tous ces éléments sont faits pour nous tenir en haleine du début jusqu’à la fin. Si l’histoire prend assez souvent une tournure dramatique, ce n’est pas sans compter les nombreuses répliques du Dr. Watts, qui viennent « détendre » l’atmosphère, à travers de nombreuses répliques qui sonnent geek. Entre des références à Street Fighter, à l’univers Marvel ou à Dragon Ball, l’humour est présent sans être trop lourd, juste ce qu’il faut pour qu’on n’aille pas chercher une corde, ni de leuxomil.

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Au niveau graphique, le jeu arbore une vue typique des RPG 2D, avec des chipsets plutôt bien utilisés, qui sont évidemment passés par Photoshop afin d’y apporter des effets de lumières, des filtres sépia renvoyant aux époques passées, en d’autres termes, du graphisme custom qui fait mouche (en opposition avec les productions qui utilisent les graphismes fournis avec le logiciel). Les charsets, custom eux aussi, sont très bien utilisés, on reconnaît sans soucis les principaux personnages de l’histoire. Et le fait que chaque personnage dispose d’animations qui lui est propre témoigne du souci du détail des développeurs, et vu le temps que ça peut prendre, je ne peux que les applaudir pour ne pas être tombé dans la facilité. D’un point de vue technique, bon outre les carences du logiciel, notamment quand il s’agit de collisions avec des éléments des décors, ou dès lors que l’on passe en-dessous de certains éléments, il n’y a pas grand-chose à dire.  Les menus s’affichent correctement, je n’ai pas eu de bugs pour naviguer dedans. Les différents systèmes programmés (puzzles, mini-jeux, le mode point&click) le sont simplement, présentent quelques bugs, mais ne sont pas gênants pour l’appréciation du jeu.

La jouabilité est correcte, je recommande le combo clavier/souris pour un plus grand confort de jeu. La souris permet de cliquer sur des éléments pour avancer plus vite, pour repérer les indice et/ou objets, à l’image d’un point&click. On pourra reprocher au gameplay d’être assez minimaliste, mais à part de la recherche, quelques mini-jeux, et les puzzles, on ne peut pas dire que le jeu brille par son action, ce qui pourrait être vu comme un défaut. Pourtant, à l’instar de The Walking Dead, To The Moon ne se joue pas pour son action trépidante. Le jeu se moque d’ailleurs de lui-même et assume son absence d’action : [SPOIL/ON] au début du jeu, on nous annonce un combat dans un style RPG très proche de Chrono Trigger, puis le combat s’arrête, en nous disant qu’on est vraiment trop violent… [SPOIL/OFF]. Les musiques sont de bonnes qualités, les effets sonores aussi, nous avons à faire à des compositions personnelles, vous pouvez vous faire une idée via cette adresse.

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La durée de vie apparaît sans doute comme un gros point faible de ce jeu, comptez environ 4 à 5 heures pour le finir. Mais en connaissance de cause, c’est la durée de vie moyenne pour les projets RPG Maker qui arrivent à terme. Et sachant que Freebird Games devrait par la suite, proposer d’autres épisodes, on pourra rapidement rayer ce défaut, si évidemment, on le considère comme tel. En définitive, je dois avouer que je n’ai pas grand-chose à reprocher à To The Moon. Je ne peux que vous le recommander, pour quelques euros seulement (et qui bénéficie d’une VF), il s’agit non seulement d’un des meilleurs projets RPG Maker qui existe, mais aussi tout simplement une des meilleures histoires du jeu vidéo tout court. Arrêtez tout ce que vous faites, et faites-le tout de suite, maintenant !

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3 commentaires pour To The Moon : Eternal Sunshine of the Spotless Mind…

  1. xPRINCE VALIUMx dit :

    OMG t’as réussi à trouver le titre PARFAIT pour cet article !

  2. Ping : Soldats Inconnus : mémoires de la Grande Guerre | Carte Blanche

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