Batman Arkham Origins : Batman vs. The World

CoverHello à tous, aujourd’hui je profite des 75 ans de Batman pour vous parler d’un jeu et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Batman Arkham Origins, développé non plus par Rocksteady mais par Warner Bros Montreal, déjà responsables du portage d’Arkham City sur WiiU. Je vais vous parler de la version PS3, je n’ai pas encore joué au multi et je compte vous faire un bref topo sur l’opus Blackgate sur Vita/3DS, et depuis sur consoles dans une version « deluxe ». Il y aura quelques spoils.

L’annonce d’un nouveau jeu Batman me fait toujours un effet particulier, ce, depuis 2009 où j’avais décidé de faire confiance à Rocksteady en précommandant Batman Arkham Asylum et son édition collector. Une claque, jamais un jeu, jusqu’à présent avait si bien pu retranscrire l’univers du chevalier noir, et en prenant le risque de se cantonner uniquement à l’Asile d’Arkham, chose totalement inattendue et assez malsaine (regardez encore aujourd’hui un épisode de la série animée de 1993 se déroulant à Arkham et c’est plutôt glauque). Pour autant, et comme il en sera de même avec sa suite Arkham City, le scénario, bien qu’ambitieux, s’avère bien loin de mes attentes, on notera quelques prises risques de la part de Rocksteady, mais parfois, la surenchère de vilains connus fait que l’on passe à côté de leur personnalité (coucou Double Face, coucou Hugo Strange). Puis silence radio pendant deux longues années, après un DLC très mauvais et là, Warner Bros nous sort de nulle part cet épisode, annoncé seulement en mai 2013 et entre nos mains depuis le 25 octobre de la même année.

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Et malgré de très belles cinématiques CGI, j’ai peur. Peur qu’après le plus-que-parfait Arkham City, cet épisode soit celui de trop, celui qu’il ne fallait pas. Son nom : Origins, une préquelle donc, ce genre d’épisode de facilité, qui va donc revenir sur les origines de Batman. Oui mais non, puisque ce ne sont pas les véritables origines qui sont racontées, mais deux ans après l’arrivée de Batman à Gotham. En fait, le titre est une erreur, puisque des origines de Batman, il n’en sera jamais question, pas même dans un ersatz de dialogue. Il aurait fallu trouver un titre montrant que dans cet épisode, Batman passe de la légende urbaine à la légende tout court. Dans la mesure où on m’a fait comprendre par le passé que la saga Arkham pouvait être assimilée à une terre parallèle, reprenant grosso modo quelques ficelles de ce qu’on connait déjà mais permettant plus de libertés, pourquoi pas. L’histoire nous laisse à penser que Year One n’a donc pas eu lieu dans cette saga.

Au fur et à mesure de nouvelles annonces, à savoir que l’on visiterait vraisemblablement Gotham City, en ayant la possibilité de visiter ce qui deviendra par la suite Arkham City, ça promet un terrain de jeu plus vaste. Effectivement, retrouver ce qui fait Arkham City fait plutôt travail de fainéant, mais en même temps, ça fait partie de Gotham. De même, les principaux quartiers de Gotham City, du moins les plus connus (Amusement Miles, le Bowery) sont ceux que l’on retrouve dans Arkham City. Je regrette que les différences entre les deux maps soient assez mineures (dans Origins, la map n’est pas inondée, et les usines fonctionnent à plein régime, et… c’est tout). Si on compare la map d’Origins par rapport à City, on réalisera que l’orientation des quartiers d’Arkham City est différente. Vu la taille de la map, les développeurs ont eu le soin de mettre à disposition du joueur le Batwing permettant des voyages rapides, là où ça demeure dommage, c’est que l’on ne pourra pas piloter le vaisseau, même pas sur une séquence scriptée. Dommage, seul le très bon Lego Batman 2 sur cet gen de console aura réussi à le faire.

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C’est la nuit de Noël, une tempête de neige s’abat sur Gotham, et la prison de Blackgate subit une émeute et de nombreuses évasions contraignant la population de Gotham à rester cloîtrée chez soi (couvre-feu oblige). Par conséquent, si vous vouliez sauver des passants cette nuit, passez votre chemin. Mais Gotham n’est pas si vide que ça finalement, puisque l’on se retrouve à nettoyer les rues de malfrats en tout genre, des hommes de Black Mask aux mercenaires de Bane, à arrêter des fusillades entre les forces du GCPD et des hommes du Pingouin ou à empêcher quelques braquages, et j’en passe. Si je reste un peu déçu de l’absence de civils dans les rues de Gotham, même si justifié de manière assez maladroite par l’histoire, le déroulement de cette histoire nous permettra à quelques passages de sauver des civils. Donc cette nuit de Noël, Black Mask a vu les choses en grand : 50 millions de dollars à qui tuera Batman. Ce ne sont donc pas moins de 8 assassins, plus ou moins connus de l’univers DC qui vont vouloir s’occuper du cas Batman. Si le synopsis ne casse pas des briques, j’aime cet aspect à la Scott Pilgrim/No More Heroes (d’où le titre de mon article HAHA), très jeu vidéo au final, où il faut affronter une série d’ennemis pour devenir le numéro 1. Passé le Final Offer (le bateau du Pingouin), l’histoire va prendre une nouvelle dimension et de belles surprises sont au rendez-vous. Si la présence du Joker avait pu me gêner à son annonce, force est de constater que le scénario lui fait parfaitement honneur. Pour preuve, plusieurs passages font allègrement référence à The Killing Joke, dans une très belle discussion entre le clown et une certaine Harleen Quinzel.

L’histoire est donc beaucoup plus intéressante que ce à quoi je m’attendais. Mieux, même si elle n’apporte strictement rien à la saga Arkham, j’ai trouvé personnellement que l’histoire, malgré quelques passages à vide, était ambitieuse et épique. Et si au début, je me demandais comment ils allaient réussir à rendre compte d’un Batman dépassé par les événements, finalement, ça passe plutôt bien. Après, quelques passages m’ont fait tiquer, on sent énormément l’inspiration « Nolannienne », ce qui peut créer un léger décalage avec les autres épisodes qui s’affranchissent des films, que ce soit dans certains dialogues ou dans la mise en scène. La mise en scène se veut plus dynamique que par le passé, les cinématiques sont agréables. On retrouve néanmoins, le champ/contre-champ dans certains dialogues, ce mauvais goût en puissance… S’agissant du traitement des personnages, si tous les assassins ne sont pas sur un même pied d’égalité, je n’ai pas eu l’impression d’avoir assisté à un viol de personnage. Certains sont loin d’avoir le charisme de l’Epouvantail ou de Mr Freeze, mais ce casting (peut-être au rabais) semble faire écho à l’utilisation de l’univers DC sur grand ou petit écran. En Effet, si le Joker et Bane renvoient aux films de Nolan, des personnages comme Deadshot, Deathstroke ou encore Amanda Wallers renvoient à la série Arrow. Une manière de récompenser l’inconditionnel ?

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Pour les autres personnages secondaires, outre Alfred (très « Nolannien » lui aussi) avec qui on peut converser dans la Batcave, on retrouve des policiers comme Branden, Bullock ou encore James Gordon, chacun fidèles à ce qu’ils sont ou ont pu être dans les comics. On notera l’apparition de Barbara Gordon, qui fouine déjà dans les dossiers de la police, mais qui fait plus office de caméo que de personnage à part entière avec une réelle incidence sur l’histoire. Non, franchement, j’ai été plutôt conquis par le casting. Après, mince quoi, j’aurais adoré une ambiance polar ou film noir, voir le procureur Harvey Dent, tabasser des Carmine ou des Falcone, rencontrer le Ventriloque et Scarface, mais pour le coup, je peux me toucher. Pas sûr que ça arrive un jour… Tout comme ses aînés, Arkham Origins regorge de clins d’œil à l’univers DC, mais quand même moins qu’Arkham City (qui reste un modèle de cohérence dans le fan-service de l’univers de Batman).

Graphiquement, le jeu se veut plutôt monochrome, Gotham arbore des teintes noires et blanches qui ne sont pas sans rappeler l’excellent Batman Noël. J’ai trouvé le parti pris graphique assez intéressant. On retrouve une ambiance Noël dans certains quartiers. J’ai bien aimé me balader dans le nouveau Gotham, même si j’ai l’impression que cette portion de ville est plus petite et moins optimisée pour les déplacements. Toutefois, on ne va pas se mentir, ce n’est pas moche, mais le jeu est moins impressionnant qu’Arkham City, ceci étant dû au fait que l’on évolue dans un environnement plus grand, il a fallu faire quelques sacrifices. Force est de constater que l’on n’a toujours pas à faire à un Gotham City 100% modélisé, sinon la ville serait affreusement minuscule (et à mon avis, personne n’aurait toléré qu’Arkham City existe). Le pont reliant les deux Gotham est exagérément gigantesque à mon goût, mais la partie de l’histoire qui lui est réservé est vraiment cool. Reste à voir comment sera modélisée la Gotham d’Arkham Knight, pour voir si Rocksteady aura conservé des éléments de cet épisode. A la manière d’un Zelda, Gotham serait à assimiler aux plaines d’Hyrule, tandis que les intérieurs font office de donjon. Certes, ça semble tiré par les cheveux dit comme ça, mais le schéma est non seulement identique sur les 3 opus, mais que ce soit Rocksteady ou Warner Bros Montréal, les deux studios ont revendiqué cette inspiration. S’agissant donc des intérieurs, ils sont plutôt inégaux. Certains environnements rappellent même d’anciens lieux : ainsi la prison de Blackgate fait penser à l’asile d’Arkham, la banque d’affaire de Gotham reprend la salle du musée où l’on affronte Double Face dans Arkham City. Heureusement que l’on n’y reste pas des heures…

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Toutefois, les nouveaux environnements, aussi bien le Final Offer, que le GCPD ou encore le Royal Hôtel ont été un vrai plaisir à visiter. Et perso, j’ai vraiment adoré le GCPD, qui ne ressemble en rien à sa version Arkham City. D’ailleurs, il est assez amusant de constater que les lieux ne sont pas localisés au même endroit. En effet, si dans Arkham City, le GCPD se situe dans le vieux Gotham, dans Origins, nous sommes bien dans le nouveau Gotham. La Batcave fait partie de ces nouveaux lieux à visiter, la vraie, pas celle d’Asylum. S’il est dommage de ne pas pouvoir aller au-delà de l’ascenseur, le lieu ressemble ici à celle qui est proposée dans Injustice. La Batcave regorge de petits détails plutôt sympathiques pour les fans d’easter eggs, une fois l’aventure terminée, c’est depuis la Batcave que l’on change de costume (enfin de skin, il est vraiment dommage que les costumes n’aient pas d’impact sur le gameplay via un système de bonus/malus) et c’est aussi de la Batcave que l’on peut avoir un accès direct aux défis. Et je trouve ce petit ajout plutôt sympathique, s’améliorer en activant la borne d’entraînement, je trouve ça plus cool que de passer par un menu totalement indépendant du jeu (même s’il existe toujours). Il aurait fallu néanmoins créer de nouveaux ennemis à affronter dans les défis de la Batcave, dans la mesure où ça donne l’impression que le tout Gotham sait où combattre Batman…

Les personnages sont plutôt bien modélisés, dommage que certains personnages secondaires (Calendar Man ou Vicky Vale par exemple) soient une grosse repompe d’Arkham City. C’est d’autant plus choquant pour Calendar Man, dans la mesure où dans Arkham Asylum, quand on débloque son profil, il a l’air d’une personne tout à fait mince. Le design d’Alfred ne m’a pas choqué, il fallait un majordome un peu plus jeune, et je trouve qu’il remplit bien son contrat. Le costume de Batman est pas mal, ça rend compte du personnage qui privilégie son armure, peut-être que les avant-bras sont légèrement exagérés. Si les designs du Joker et de Bane sont sympas, je les trouve en revanche trop éloignés d’Asylum et de City, même si Origins se passe avant, la différence n’est pas aussi prononcée pour d’autres (comme le Pingouin par exemple). S’agissant des boss, pour ne pas trop spoiler, Deathstroke, Firefly ou Black Mask ont pas mal de charisme dans leur genre. Enfin les ennemis à combattre empruntent tant à Asylum qu’à City en rajoutant par ci par là de nouvelles têtes, je pense aux tankers en armure ou aux spécialistes des arts martiaux.

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Sur le plan technique, Origins est décevant. Pendant 3 jours où j’ai joué, j’ai eu en vrac un freeze, d’horribles ralentissements provoqués par les trop nombreuses sauvegardes automatiques, m’obligeant à charger le dernier point de contrôle pour retrouver une framerate stable, j’ai eu le droit à la disparition du GCPD quand j’ai voulu rentrer dedans, ce qui m’a éjecté à l’autre bout de la map. Ça m’a soulé. Puis est venue la 2e MàJ du jeu, et je n’ai plus eu de freeze, beaucoup moins de ralentissements. Ça n’excuse pas tout, mais ça rend déjà le jeu un peu plus agréable. Ça ne veut pas dire la fin des bugs (notamment quand il faut accomplir certaines quêtes annexes), mais ça a le mérite de rendre la progression plus supportable, sans avoir l’impression de regarder un diaporama « Mes vacances à Gotham ». On aura beau dire, « c’est la faute à l’open world », ça n’excuse pas le fait que la finition par Warner Bros Montréal est inférieure à celle de Rocksteady. L’IA des ennemis est plus agressive, il est dommage qu’en mode normal, les phases en prédateur ne sont que très peu stressantes (seule celle concernant Deadshot m’a demandé de la concentration). On note quelques améliorations (on m’a fusillé, alors que j’étais sur une gargouille alors que la séquence ne faisait que commencer xD), mais la recette initiée par Rocksteady reste inchangée.

Des améliorations, à défaut de véritables nouveautés, voilà comment résumer le gameplay d’Origins. Outre les phases prédateur déjà citées, le système de combat est toujours le même qu’Asylum ou City, en un peu plus dynamique, demandant plus de réflexes. Quelques combos sont enrichis, je ne me rappelle plus s’il était déjà possible d’éliminer 4 à 5 individus allongés d’un coup dans City. Chaque issue de combat donne lieu à un bilan où l’on est noté selon la manière dont on s’est battu, avec plus ou moins de dégâts reçus, plus ou moins de variations, etc., ce qui conduit à l’obtention de plus ou moins d’expérience, permettant par la suite d’upgrader Batman. On obtient plus d’expérience si on accomplit certaines actions ou combinaisons. Il est cependant dommage que l’on soit obligé de suivre l’ordre des objectifs proposés par les développeurs et que l’on n’ait plus le choix comme c’était le cas dans City. Si les combats sont toujours aussi bien orchestrés, il s’avère qu’ils sont aussi beaucoup plus fréquents, parfois on frise l’overdose, surtout à l’approche de la fin du jeu. Heureusement que les gants électriques permettent d’aller plus vite de ne plus avoir à se soucier des protections, mais le jeu aurait gagné à mieux équilibrer cet aspect.

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Pour les combats de boss, l’objectif de rivaliser avec le combat contre Mr Freeze n’est clairement pas atteint. Si certains sont très bien mis en scène (Firefly ou Deathstroke), les autres sont soit repris d’anciens épisodes (Killer Croc ressemble au combat contre Bane dans Asylum), soit consistent en de la castagne pure (Shiva ou Bane). Il aurait sans doute fallu faire vraiment de sorte à ce qu’un boss = une idée de gameplay comme le voulait le postulat de départ. Un détail m’a néanmoins plu, dans mon combat contre Deathstroke, selon l’endroit dans lequel on est sur l’arène, les patterns sont différents. Pour les gadgets, deux nouveautés en plus des gants électriques : la grenade à concussion, qui désoriente les ennemis (à n’utiliser qu’à l’approche d’une grosse mêlée) et la griffe de Deathstroke, qui une fois améliorée à fond, devient vraiment cheatée (ou comment se débarrasser de deux ennemis en moins de deux lors d’une phase prédateur). Dans un épisode intitulé Origins, il est toujours paradoxal de vouloir faire de nouveaux gadgets à utiliser, dans la mesure où ça créé un certain décalage avec les autres épisodes, donc pas mal d’incohérences. Il aurait peut-être fallu rendre les autres gadgets moins performants ou ne pas les mettre du tout. Par exemple, la bombe collante est similaire à la grenade givrante, le boost de grappin ne devrait avoir été créé que dans City ou enfin le séquenceur cryptographique est le même que dans City alors qu’il était différent dans Asylum… On parle de menus détails, mais quand même.

Enfin, Warner Bros Montréal a enfin compris que dans un jeu Batman, insérer des phases d’investigation était obligatoire. J’ai beaucoup apprécié ces phases, permettant de comprendre la manière dont un crime a été commis, même si, il faut l’admettre, ces phases sont assez faciles. On est très loin de la collecte d’indices d’un L.A. Noire, mais à vrai dire, j’aurai bien aimé que les phases d’investigation s’en inspire. Trouver des indices, puis interroger deux/trois personnes pour finalement trouver un coupable. Parce que si les affaires (une petite dizaine) présentent une enquête différente, la manière de la résoudre reste à 95% la même (je ne prends pas en compte la dernière affaire qui est à débloquer en scannant un objet en particulier). La démarche est donc louable mais aurait mérité d’être approfondie.

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La bande son a été confiée à un inconditionnel de l’univers de Batman, Christopher Drake. Celui-ci a déjà offert la bande son des Under the Red Hood, Year One ou The Dark Knight Returns. Ici, pour Origins, il emprunte à la fois à la série animée qu’aux musiques d’Hans Zimmer. Il y a du très bon comme du moins bon, mais dans l’ensemble, le bougre s’en sort très bien. A mon sens, du même niveau que City. S’agissant des doublages, je n’ai pas souhaité joué en français, par conséquent, j’ai mis ma console en anglais pour pouvoir jouer en VOSTFR et là-dessus, ça claque. Kevin Conroy et Mark Luke Hamill Skywalker ont trouvé de beaux successeurs pour doubler Batman et le Joker. Mention très spéciale pour Troy Baker (Booker dans Bioshock Infinite, Joel dans The Last of Us) qui offre une prestation, certes proche de Hamill, mais de très bonne facture.

La durée de vie est assez honnête, l’histoire principale se boucle en une dizaine d’heure, plus si on réalise les quêtes annexes, ainsi que les différents défis. Je ne reviendrai pas sur les défis qui reprennent le même principe que les deux opus précédents, en revanche, je vais développer plus longuement le cas des quêtes annexes. Terriblement décevantes. Et quand elles ne sont pas trop courtes, elles repompent des séquences déjà proposées par le passé. Courtes ? Prenons le cas d’Anarky, sa quête consiste à désamorcer 3 bombes puis à lui casser la gueule. La quête fait 15 minutes à tout casser. Ce que je ne comprends pas dans ce cas, c’est que la mini-quête dans laquelle il faut scanner des symboles d’Anarky ne soit pas intégrée dans la traque. Prenons maintenant Shiva : un civil à sauver puis on va castagner l’assassin… 15 minutes, pas plus. Du Repompage ? Détruire les stocks de drogue de Black Mask = détruire les fûts de venin pour Bane de City. La quête avec le Chapelier fou = les séquences de l’Epouvantail d’Asylum. Et j’en passe… Non, vraiment, les quêtes annexes ne valent pas le coup et si le jeu a un véritable défaut, c’est bien ici qu’il se trouve. En revanche, et contre toute attente, j’ai bien aimé ce qui concerne Enigma. Pas quand il s’agit de débloquer les tours radio hein, je m’attendais à des séquences plus proches de ce que faisait l’Homme Mystère à ses otages, je parle de la collecte d’informations. Et je trouve cette idée beaucoup plus intéressante que de débloquer uniquement des trophées n’ayant que très peu d’incidences sur le jeu. Ici pas d’énigmes en allant scanner une affiche des Grayson par exemple, les informations à récolter permettent de reconstituer des dossiers, des dossiers permettant d’avoir accès à des enregistrements, que j’ai trouvés beaucoup plus intéressants à écouter que dans Asylum ou City (notamment sur ce lien entre Shiva, Batman et Ra’s Al Ghul).

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Au final, ce serait de la mauvaise foi de ma part de ne pas dire qu’Arkham Origins n’invente rien, qu’à certains endroits il repompe même les anciens opus, pour autant est-ce qu’il en résulte un aussi mauvais jeu ? De mon point de vue, je ne trouve pas. Des choix ont été faits pour se démarquer, certains sont judicieux, d’autres non. Le scénario a ce « je ne sais quoi » qui m’a happé, malgré quelques passages à vide. Oui, nous avons à faire à un épisode de facilité, peut-être un épisode de transition aussi. J’ai essayé de montrer ce qui m’a plu et ce qui m’a déplu dans cet épisode. Ceux qui s’attendaient à une claque comparable à celle du passage d’Asylum à City seront forcément déçus, ceux qui s’attendaient à un opus novateur aussi. Pour ma part, je le considère comme un assez bon épisode, qui aurait mérité une meilleure finition et davantage de variété dans ses séquences. Pas indispensable, on y passe toutefois un bon moment.

Un petit mot sur l’épisode Blackgate : épisode totalement original pour les consoles portables, puis en HD sur consoles de salon, Batman doit mettre fin à une émeute dans la prison de Blakgate. Le jeu prend place après Arkham Origins et y relate la première rencontre entre Batman et Catwoman. Graphiquement, le jeu est en 2.5D, très proche de ce qui a été fait sur Mirrors of Fate par exemple. Ce n’est pas moche, mais je pense que la version Vita aurait pu être plus jolie. Le système de jeu se veut dans la veine d’un Metroidvania, c’est-à-dire que pour progresser, il faut récupérer un item en particulier et ainsi de suite.

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Ce jeu est une surprise, je m’attendais à un jeu plutôt mauvais, et au final, j’ai joué à un jeu moyen, mais pas dénué d’intérêt. Moyen parce que la carte est absolument illisible, pourquoi faire une carte vue de dessus alors que le jeu est en 2.5D ? Pourquoi ne pas avoir pris une carte à la Metroid ou à la Castlevania quitte à en reprendre les mêmes principes ? Moyen, parce que le jeu manque cruellement d’ambition, on doit arrêter une émeute, on a un petit rebondissement à la fin et puis c’est tout. Moyen, parce que même si le système de combat a été adapté pour le jeu, il réussit à être moins précis en 2.5D qu’en 3D @_@. Moyen parce que seulement 4 gadgets, que l’on peut certes upgrader et que parfois un seul peut avoir plusieurs usages. Moyen parce que l’utilisation du mode détective est peu intuitive, on doit scanner l’écran sans arrêt pour découvrir des interactions et progresser.

Le jeu s’en sort en proposant 3 fins différentes selon l’ordre dans lequel on affronte les boss, parce que oui, et ça c’est pas mal, on opère dans 3 zones de la prison, chacune des zones étant contrôlée par le Joker, le Pingouin ou par Black Mask. Les combats contre les boss sont assez ardus et nécessite de les recommencer à plusieurs reprises avant d’y arriver. En revanche, les combats contre les demi-boss sont navrants tellement ils sont faciles. Le jeu s’en sort parce que les cinématiques façon comics sont plutôt sympas, même si très peu animées. Le jeu s’en sort par de la récolte d’indices permettant de « résoudre » des affaires (ça, c’est vite dit) qui débloquent au final de nouveaux costumes. Et attention, des costumes qui ont ENFIN une incidence sur le gameplay ! En effet, via l’épisode Origins sur PS3, j’ai pu avoir accès au costume de Beware the Batman sur Vita, un costume qui diminue de 50% les dégâts provoqué par les tirs. Et enfin, le jeu s’en sort, parce que sa durée de vie est assez honnête (une petite dizaine d’heure) et que le jeu impose une VOSTFR. A réserver uniquement aux fans et c’est tout.

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3 commentaires pour Batman Arkham Origins : Batman vs. The World

  1. El-Koala dit :

    Je vois que tu parles de bug : sur Wii U, je n’en ai pas eu un seul ! C’est une version très bien foutue.
    Après, je suis entièrement d’accord, Arkham Origins c’est un Arkham City 1.5. Il n’invente rien, se repose largement sur les acquis des deux épisodes précédents. Clairement, c’était un jeu pour faire patienter les fans avant le pochain Arkham Knight. En tous cas, je le vois comme ça.

    • J’imagine que comme l’équipe de développement est la mm que le Arkham City WiiU, cette version doit être la mieux optimisée :). J’ai peur qu’en revanche, Rocksteady ne prenne rien de cet épisode, pas même un aspect de l’histoire pour Arkham Knight (le jeu qui me fera basculer en next-gen).

      • El-Koala dit :

        Je ne pense pas non plus qu’Origins aura une influence quelconque dans Arkham Knight. Ou alors sur de petits détails.
        Je regrette tellement que ce jeu ne sorte pas sur Wii U d’ailleurs…

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