Hotline Miami : si Nicolas Winding Refn faisait un jeu

CoverHello à tous, aujourd’hui, je vais vous parler d’un jeu, pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Hotline Miami, un jeu d’action sorti le 26 juin 2013 sur le PS Store (fin 2012 sur PC) pour environ 8 euros en cross-buy (vous prenez la version Vita, vous aurez la version PS3/PS4 et vice et versaaaaa), développé par Dennaton Games et édité par Devolver Digital. Je vais vous parler de la version Vita.

Parler de Hotline Miami semble assez difficile, on peut s’imaginer à une vision vidéoludique de films tels que Drive ou encore Only God Forgives, des films au background peu développé, mais dont l’ambiance demeure très marquée, ici par l’aspect graphique, au pixel art, rappelant les premiers GTA, par les musiques, plutôt planantes et par une violence exacerbée. Si au premier abord, l’histoire semble inexistante, le joueur prend le contrôle d’un individu dont on ignore le nom (surnommé The Jacket), qui reçoit des coups de téléphone lui indiquant des lieux dans lesquels il faut régler des problèmes (façon poétique de dire « tuer tout le monde »). Au fur et à mesure de la progression du joueur, le héros se retrouve frappé par des hallucinations le faisant discuter avec des individus masqués dignes de scènes assez WTF rappelant le cinéma d’un certain David Lynch. Ces passages sont assez étranges mais ont le mérite de briser le 4e mur en s’adressant directement au joueur. Si le scénario paraît être simpliste, et que la fin classique ne nous apporte pas vraiment d’éléments de réponse, ce n’est pas sans compter sur le level design de l’appartement du héros, qui évolue au fil des niveaux parcourus, témoignant d’une évolution de l’histoire (présence de journaux, de personnages, etc.), mais aussi de la présence dans chaque niveau de pixels roses à collectionner, ces derniers permettant de débloquer la vraie fin, assez intéressante.

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Le principe du jeu est très simple, on se retrouve dans un pendant Action de jeux comme Super Meat Boy, ce genre de jeux reposant sur le Die & Retry, où il faut connaître le niveau sur le bout des doigts, en élaborant des stratégies pour être le plus rapide et le plus efficace possible afin d’exploser les high scores. Ici, dès qu’on pénètre un niveau, celui-ci se découpe en plusieurs étages (entre 2 et 3 en moyenne). Pour pouvoir avancer dans le niveau, il faut nettoyer tout un étage du premier coup (en dézinguant une dizaine de bonhommes et de toutous) afin de progresser jusqu’à l’étage suivant. J’ai bien précisé qu’il fallait le faire du premier coup, le moindre contact avec un ennemi pouvant être fatal et synonyme de « on recommence l’étage depuis le début », faisant perdre de précieuses secondes et par conséquent pas mal de points. Pour nous aider, le jeu met à disposition des masques, chacun ayant des effets différents (à la Majora’s Mask), ainsi le masque du Lapin permet d’aller plus vite, celui du Loup donne accès à un couteau d’entrée de jeu ou encore celui du Caméléon qui rend le joueur plus difficile à repérer. Par ailleurs, le joueur pourra bénéficier des éléments des niveaux, portes, fenêtres et murs jaunes, afin d’assommer, ou tuer les ennemis sans se faire repérer. Enfin, de nombreuses armes sont récupérables, des battes de baseball en passant par les fusils à pompe au katana, il y en a pour tous les goûts.

S’agissant des graphismes, comme j’ai pu le mentionner, nous avons là du pixel art, dans un style très rétrostalgique, rappelant donc les premiers GTA en beaucoup plus beau cela va de soi. Le jeu arbore une vue du dessus, donnant une assez bonne visibilité, même sur l’écran de la Vita (à quelques détails près, je pense notamment à certaines armes ou aux éléments pour débloquer la véritable fin où il faut avoir des yeux de lynx pour les repérer). Le jeu est assez lumineux, les effets de lumières intéressants, notamment quand on se retrouve dans la discothèque. Si le fait de progresser systématiquement dans des immeubles peut paraître répétitif, il n’en est rien, tant les niveaux sont assez variés (métro, discothèque, hôpital, commissariat, etc.). Tout rend parfaitement hommage aux jeux old school de la fin des années 80/début des années 90 en les sublimant. Après, je ne recommande pas de rester des heures devant le jeu, le côté psychédélique du jeu pouvant avoir des effets psychotropes sur le joueur. D’un point de vue technique, je n’ai pas souffert de bugs en particulier, peut-être un seul qui a rebooté le jeu, sinon rien de grave. L’intelligence artificielle est très agressive, celle-ci repère le joueur d’assez loin et quand elle est équipée d’une arme à jeu, ça ne pardonne pas… Le one shot est quasi systématique. Bon bien sûr, parfois l’IA a quelques ratés, parfois elle ne repère pas le joueur et on ne lui en voudra pas, surtout si ça se passe dans une pièce que l’on a recommencé une dizaine de fois… Le jeu propose quelques boss, assez hardcores quand on les rencontre pour la première fois, notamment celui accompagné des deux panthères…

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Au niveau de la jouabilité, je n’ai pas grand chose à redire, assez exigeante au départ, une fois maîtrisée, on prend un pied fou à massacrer tout le monde et essayer de faire ça le plus rapidement possible. L’écran tactile de la Vita permet d’élargir sa vision pour repérer des ennemis plus lointains, tandis qu’en pointant un ennemi, un système de lock permet de ne pas le quitter des yeux (chose aussi possible avec la touche Carré). A part ça, on se sert des deux sticks, des deux gâchettes (une pour tirer/frapper, l’autre pour lancer/ramasser des armes) et aussi de la touche Croix pour achever des adversaires juste assommés. Les musiques sont assez envoûtantes, et collent bien à l’ambiance, pour preuve, cliquez sur ce lien, vous serez envoûtés. En ce qui concerne la durée de vie, un premier run se compte en quelques heures (4 heures environ), les runs suivants peuvent se faire en moins d’une heure. Ca peut paraître faiblard, mais récupérer les meilleures notes pour chaque niveau n’est pas chose aisée, de même que pour chopper tous les masques, toutes les armes cachées et évidemment la fin cachée prend davantage de temps.

Au final, nous nous retrouvons avec un des meilleurs jeux indés, très pratique pour des parties rapides et addictives. Il faut évidemment aimer le style, pas sûr que le Die & Retry, que l’habillage du jeu  ou que le système de scoring plaisent à tout le monde. Toujours est-il que nous avons là un jeu vraiment fun, qui ne se prend pas la tête et dont les speedruns disponibles jusqu’à présent sont tous aussi impressionnants les uns que les autres (un run de 27 minutes vous y croyez ?). Depuis qu’un deuxième opus a été annoncé et qui ne devrait plus tarder, je suis impatient de pouvoir me le procurer.

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2 commentaires pour Hotline Miami : si Nicolas Winding Refn faisait un jeu

  1. Ah, toi, tu vas aimer la chronique « Lost, In… » que je prépare 😉

  2. supermagicpie dit :

    Je l’aime tellement d’amour ce jeu, vivement le 2ème épisode. ❤

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