Soldats Inconnus : mémoires de la Grande Guerre

CoverHello à tous, aujourd’hui je vais vous parler d’un jeu, mais pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Soldats Inconnus : mémoires de la Grande Guerre, développé et édité par Ubisoft, sorti chez nous le 26 juin sur à peu près tous les supports, excepté la Vita et la WiiU. Et d’emblée, je trouve ça vraiment dommage, dans la mesure où le jeu a été annoncé en même temps que Child of Light (développé par un autre studio d’Ubi, déjà responsable de Far Cry 3), et que ce dernier semble avoir bénéficié d’une meilleure attention puisque contrairement à Soldats Inconnus, Child of Light est sorti sur WiiU et Vita. C’est d’autant plus dommage que Soldats Inconnus est censé rendre hommage au centenaire du déclenchement de la Première Guerre Mondiale et qu’un effort aurait pu être fait pour le mettre davantage en avant, même s’il faut reconnaître qu’on a cherché à le faire connaître au grand public (une version boîte aurait toutefois été un plus). Après, il n’est pas question de comparer ces deux jeux en termes de qualité ou quoi que ce soit hein, c’est juste que pour deux jeux ayant une démarche similaire, on ait préféré tout miser sur l’un à coup d’illustration de Yoshitaka Amano et d’OST de Cœur de Pirate et qu’au final, je me suis plus attaché à l’histoire contée par Soldats Inconnus (que j’ai fini d’une traite) que celle de Child of Light (qu’il faudra que je termine un jour). Parlons à présent du jeu plus en détail avec une critique vierge de tout spoils.

Soldats Inconnus nous donne l’occasion de suivre quatre destins croisés durant la Première Guerre Mondiale. Emile, un Français qui, malgré son âge est enrôlé dans l’armée pour participer au conflit. Il va chercher à retrouver Karl, un Allemand, mais aussi son gendre, enrôlé lui aussi de force dans l’armée germanique. Avec ces deux personnages, nous savons que l’histoire qui sera racontée ne sera jamais celle des gentilles forces de l’Entente contre les méchantes forces de l’Alliance. Vient ensuite Freddie, un Américain en quête de vengeance engagé dans la légion étrangère et qui va nouer une amitié avec Emile et enfin Anna, une infirmière belge, qui cherchera à retrouver son père. Ces quatre personnages pourront être accompagnés par Walt, un chien de l’armée allemande dont on s’attache rapidement, et qui est utile. Cependant, force est de constater qu’un personnage manque à l’appel. En effet, les premiers trailers dévoilaient la présence de cinq protagonistes, parmi lesquels figurait George, un aviateur britannique. Si ce dernier fait un caméo durant l’aventure, Ubisoft n’a rien communiqué quant à son absence en tant que personnage jouable. Pour l’anecdote, je leur ai même posé la question via Twitter, et je me suis pris un vent (ce qui est assez récurrent quand je m’adresse à eux)… On imagine que le personnage sera proposé plus tard via un DLC, mais là encore, pour un jeu honorant le centenaire d’un événement historique, ça fait tâche…

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Je vais faire volontairement une distinction entre l’histoire contée par Soldats Inconnus et l’Histoire (notez la majuscule), celle de la Première Guerre Mondiale. L’histoire est sans conteste le point fort de Soldats Inconnus. Passionnante du début à la fin, on s’attache aux différents personnages, aux interactions qu’ils peuvent avoir ensemble, même s’il est possible de noter quelques facilités scénaristiques (la manière dont Freddie et Emile deviennent amis ou bien le baron allemand désigné comme grand méchant de l’histoire par exemple), les différents actes qui composent l’aventure s’achèvent en général sur des cliffanghers qui nous tiennent en haleine jusqu’à un dénouement final des plus émouvants rappelant à quel point la guerre est violente et réveille les plus bas instincts. Plus qu’une histoire, Soldats Inconnus nous fait vivre l’Histoire, celle de la Première Guerre Mondiale, assez sous-exploitée dans la production culturelle en général et pourtant si intéressante. Cela se passe par la présence de nombreux documents, photos et objets à collectionner dans le jeu, formant une véritable encyclopédie sur le conflit, le jeu ayant d’ailleurs reçu à ce sujet le label de la Mission du Centenaire de la Première Guerre Mondiale. Même, le souci du détail opéré permet de mieux comprendre la vie quotidienne des soldats sur le front, la vie dans un camp, dans les tranchées, à travers les batailles les plus mémorables du conflit. Nous avons donc à faire à une expérience à la fois ludique, émouvante mais aussi pédagogique. Seul bémol peut-être, chronologiquement, l’histoire s’achève en 1917, soit un an avant la fin du conflit. Cela n’a aucune incidence sur la compréhension de l’histoire, pour autant, s’agissant de l’Histoire, il y a un trou béant assez dommageable, qui pourrait être, à l’instar du cinquième personnage, comblé par un DLC…

Soldats Inconnus est un jeu d’aventure type point&click, rappelant beaucoup Machinarium mais en moins compliqué. Aucune énigme proposée n’est insurmontable, surtout que des indices peuvent être débloqués sans la moindre pénalité. Très linéaire, le jeu propose différentes séquences pour varier les plaisirs, entre des séquences d’infiltration, des séquences en Taxi dans lesquelles il faut éviter des obstacles (à la manière des niveaux où on se fait poursuivre dans les premiers Crash Bandicoot ou Mickey Mania), des séquences d’action à l’intérieur d’un véhicule blindé ou encore des séquences de rythme/QTE avec Anna pour soigner des blessés. Si la plupart de ces séquences s’intègrent bien et viennent casser la monotonie de l’aventure, beaucoup d’entre elles peuvent s’avérer longues. Rien de gênant, mais au bout d’un moment, on a vite envie de passer à autre chose. Le tout est très jouable, chaque personnage ayant sa petite particularité. Emile peut utiliser une pelle pour… se la jouer Shovel Knight, Freddie utilise une pince coupante pour s’occuper des barbelés, etc. Chaque personnage pourra donner des ordres à Walt à un moment ou un autre de l’aventure afin de résoudre des énigmes.

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Développé à l’aide du moteur UbiArt Framework (peut-être une des meilleures créations d’Ubisoft à mon sens), comme Rayman Origins, Rayman Legends ou encore Child of Light, Soldats Inconnus possède une patte graphique très proche de la bande dessinée, il en va de même pour la mise en scène (généralement, cela permet d’anticiper un danger ou de voir ce qu’un autre personnage fait au même moment). Les personnages sont extrêmement expressifs, si bien qu’il est très aisé de les comprendre, sans nécessiter la moindre bulle de dialogue, les seules bulles présentes, permettant de savoir ce que l’on attend de nous (généralement trouver un objet en particulier pour évoluer). Grâce à la qualité de l’animation, on réalise à quel point chaque personnage, joué ou croisé, est singulier. Tout n’est pas parfait cependant, quelques bugs graphiques sont apparus durant mon aventure. En effet, à un certain moment de l’histoire, on nous demande de changer régulièrement de costume afin d’accéder à des zones qui nous sont normalement interdites (et que si on tente de les passer, on se fait arrêter, nous contraignant à reprendre depuis le dernier checkpoint). Lors d’un changement de costume, un changement de skin doit s’opérer. Or, lors de ma partie et de cette séquence, le changement de skin ne s’est jamais opéré, ce qui m’a légèrement gêné pour accomplir ce passage.

La bande son alterne entre des musiques parfois enjouées, je pense notamment à la scène où Anna s’apprête à quitter Paris ou bien les séquences en taxi (reprenant des musiques classiques) et des morceaux plus dramatiques, comme celle de l’écran titre par exemple. En fait, on réalise que la bande son est à l’image du ton général qui se dégage de Soldats Inconnus, entre des moments pouvant être détendus, légèrement drôles, mais sans être lourds, inappropriés, puisque l’on nous rappelle quand même que la guerre est source de carnage, sans non plus faire dans la surenchère de tripes et d’hémoglobine. Le ton choisi est juste et intelligent.

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Moins grandiloquent que Watch Dogs, moins onirique que Child of Light, Soldats Inconnus apparaît pourtant à mon sens, comme le meilleur jeu Ubisoft sorti ce premier semestre 2014, paradoxalement, c’est peut-être aussi celui qui se vendra le moins bien, malgré tout le potentiel que peut avoir une année centenaire afin de mettre en avant le soft. Certes, il sera possible de pester contre des mécaniques de jeu qui n’inventent rien ou son manque de challenge, mais à l’instar d’un To The Moon, que j’ai testé il y a quelques temps, il y a quelque chose dans l’histoire qui touche et qui peut émouvoir. On nous redonne l’occasion de voir la guerre autrement qu’une succession de mission « pan pan boum boum » (comme un Spec Ops à un autre niveau cela va de soi) et en plus, on y apprend des choses, ce qui est bien mieux qu’un cahier de vacances, vous en conviendrez.

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4 commentaires pour Soldats Inconnus : mémoires de la Grande Guerre

  1. xPRINCE VALIUMx dit :

    Bon papier, ça donne sacrément envie !

    D’ailleurs, j’espère qu’il finira par sortir sur WiiU parce qu’à priori, il avait été annoncé sur cette plateforme.

  2. El-Koala dit :

    Tout comme Valium, j’espère sincèrement que ce jeu finira par pointer le bout de son nez sur WiiU !
    Merci pour ce papier qui ne fait qu’accroître cette envie ! \o/

  3. Khanapay dit :

    Salut !
    Tout d’abord je vais réagir sur le vent que ubisoft t’a mis sur twitter ; si ça peut te rassurer je m’en prends très régulièrement aussi. Dommage quand on sait a quel point leur catalogue de jeu me plait.

    Sinon ton article est très bien fait et reflète la réalité. J’ai child of light et pas soldats inconnus… Je suis assez réticente au dématérialisé et la petite édition un peu collector de child of light a déclenché l’achat.
    Le jeu a reçu de très bonnes critiques mais a côté de ça pas de moyens…
    Je me l’achèterai peut être un jour s’ils daignent faire une promo.

    • Merci pour ton commentaire 🙂 effectivement, je peux comprendre que l’on soit réfractaire au dématérialisé. J’espère vraiment qu’Ubisoft va revoir sa politique sur ce jeu et lui offrir la version boîte qu’elle mérite, parce que le jeu vaut vraiment le coup de s’y aventurer 🙂 je le place parmi mes jeux de l’été.

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