Shovel Knight : Bernie, le jeu vidéo !

CoverIl existe un monde parallèle où le monde vidéoludique est complètement différent du nôtre. Dans celui-ci, la génération de console n’a pas évolué depuis la NES, cette dernière s’est installée dans à peu près tous les foyers. J’exagère un peu, il est vrai que de nouveaux modèles de NES sont apparus, elles gèrent un peu plus de couleurs et permettent des compositions musicales enrichies. Dans ce monde, il n’y a pas de blockbuster comme GTAV ou Watch Dogs… Dans ce monde, en juin 2014, tous les regards sont portés sur Shovel Knight, développé par Yacht Club Games. Shovel Knight s’annonce alors comme le renouveau tant attendu du jeu de plate-forme/aventure, cherchant à renverser le roi Megaman. Et par une pirouette scénaristique moins bien maîtrisée que dans Bioshock Infinite, Shovel Knight est disponible sur nos écrans PC (avant de squatter la WiiU et la 3DS pour septembre), après une campagne Kickstarter réussie. Si je n’excelle pas tout à fait dans l’écriture relative à la science-fiction, derrière cette introduction farfelue, il s’agit de vous présenter ce jeu indépendant développé comme s’il avait pu sortir sur NES (à un ou deux détails près) mais qui n’a absolument rien à envier aux jeux actuels.

Shovel Knight nous permet de diriger le Chevalier à la pelle, parti à la rescousse de sa dulcinée, Shield Knight et qui devra affronter le Order of no Quarter, composé de huit chevaliers au service de l’Enchanteresse. Le scénario ne casse pas des briques, et certains d’entre vous y ont sans doute vu une ressemblance troublante avec un Megaman. Inutile de vous mentir, effectivement ça y ressemble beaucoup (notamment en ce qui concerne la structure des niveaux), mais avec pas mal de subtilités. Contrairement à Megaman par exemple, nous n’avons pas d’emblée accès à tous les niveaux. De même, le choix d’un niveau nous permet d’évoluer sur une map qui rappelle énormément un Super Mario Bros 3. Cette map est dynamique et permet à l’instar de son modèle de croiser des individus que l’on aura à affronter. Cette map nous permet aussi de visiter quelques villages, d’interagir avec des NPC et d’avoir accès à quelques niveaux bien hardcores nécessitant de débloquer des items particuliers pour pouvoir les réussir. Ces items peuvent être débloqués dans les niveaux ou bien être achetés au village, pour peu que l’on ait suffisamment d’argent pour les acheter.

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L’argent se ramasse dans les niveaux, sous la forme de trésors, que l’on obtient en fouillant des coffres, en battant des ennemis ou bien en creusant certaines zones, révélant moult secrets, tout comme un certain Duck Tales (d’ailleurs plusieurs membres de Yacht Club Games ont travaillé sur Duck Tales Remastered). La ressemblance avec Duck Tales ne s’arrête pas là puisque la pelle du héros s’utilise comme la canne de l’oncle Picsou (pour rebondir sur des ennemis). L’argent est suffisamment important pour que lorsque l’on perd toute son énergie, on perd une partie de son argent (proportionnelle à ce que l’on possède) qu’il sera possible de venir récupérer si l’on atteint l’endroit où l’on a passé l’arme gauche sans reperdre toute son énergie de nouveau. Il paraît qu’il s’agit d’un système emprunté à la série des Souls, je n’y ai personnellement pas joué (honte sur moi), ça me fait en revanche penser au système présent quand on perd un survivant dans ZombiU. Comme vous pouvez le constater, j’insiste beaucoup sur les références, les inspirations. Il ne faut surtout pas y voir comme une mauvaise chose, bien au contraire, Shovel Knight s’inspire énormément de ce qui a été fait, mais il ne s’agit à aucun moment de stupides repompes. Le meilleur de chaque jeu abordé est conservé, et le résultat final en fait une expérience à part entière sublimant ses modèles.

A l’image d’un jeu NES, ou comme beaucoup de jeux indés, le jeu arbore un parti pris graphique rétro, reposant sur le pixel-art. Du beau pixel art, à mi-chemin entre du Megaman et du Duck Tales. Chaque niveau visité est varié et détaillé, entre la forêt, le monde de feu, le vaisseau volant, etc. Vous allez voir du pays. Au-delà de la patte graphique, c’est le level design de chaque niveau qui est intéressant. En effet, à aucun moment du jeu, vous n’aurez l’impression de faire la même chose. Chaque tableau de chaque niveau propose son lot de nouveautés, de petites particularités, renouvelant sans cesse l’expérience que l’on peut avoir sur le jeu. Le tout se voulant beaucoup moins frustrant qu’un Megaman et paramétrable selon le bon vouloir du joueur. Des passages trop difficiles ? Des checkpoints parsèment les niveaux, les accessoires débloqués facilitent la tâche. Le jeu ne propose pas assez de challenge ? Vous pouvez à tout moment détruire ces mêmes checkpoints et éviter d’utiliser les bonus qui s’offrent à vous (accessoires et upgrades). Finir un niveau donne parfois l’occasion d’un petit niveau bonus assez poétique, témoignant de la détermination du chevalier à la pelle à retrouver sa chérie. Le chara design est assez convaincant, des personnages principaux au NPC à tête de cheval. Mention spéciale au « ménestrel » rencontré dans le premier village. Celui-ci nous demande de lui ramener des partitions disséminées un peu partout dans les niveaux, qu’il pourra jouer ensuite (un genre de sound test), donnant lieu à des animations toutes aussi géniales les unes que les autres.

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Techniquement, comme j’ai pu le mentionner dans mon introduction, ce jeu, réalisé comme s’il s’agissait d’un jeu NES, n’aurait pas pu sortir sur une NES originale. Il a fallu faire quelques concessions, notamment en ce qui concerne l’affichage des couleurs supplémentaires, l’affichage de sprites sans provoquer d’effets de clignotements ou la suppression de bugs, surtout sonores. Il s’agit certes d’une petite entorse au postulat de départ, néanmoins, puisqu’il s’agit d’améliorer le confort du joueur, on s’en accommodera. Puisqu’en effet, de toute ma partie, je n’ai pas souffert de bug, j’ai juste provoqué un glitch qui ne sert strictement à rien et qui a nécessité de relancer le jeu pendant un combat de boss. Ceux-ci sont plaisants à affronter, assez charismatiques, ils n’ont rien d’insurmontables, mais comme les bons vieux jeux rétro, il s’agit de mémoriser un pattern afin de trouver le moment idéal pour frapper. Bourriner fonctionne aussi, mais à vos risques et périls.

Si jouer à la manette est vivement recommandé, faute de moyens, je me suis contenté du clavier, et après un petit paramétrage dans les options, ça s’est plutôt bien passé, même si cela manque parfois de précision (non, ce n’est pas moi qui suis nul). Le Shovel Knight répond bien aux commandes, sauts, coups de pelle, pogo-stick, l’utilisation des reliques est assez simple, certaines sont d’ailleurs bien craquées. Il est possible au cours du jeu d’upgrader son personnage, en achetant de nouvelles techniques ou de nouvelles armures. Musicalement, on retrouve une fois encore la patte de Megaman avec une quarantaine de morceaux, écoutable à l’envie si on retrouve les partitions adéquates. La ressemblance avec Megaman ne s’arrête pas là puisque Manami Matsumae, compositrice attitrée de la série, a composé quelques musiques pour Shovel Knight (la boucle est bouclée). Les sons revoie bien à l’époque NES, un vrai condensé de sons typiques qui rappellera de nombreux souvenirs aux « vieux joueurs ».

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La durée de vie est assez faible malheureusement, comptez un peu moins de cinq heures pour achever un run en ayant tout uprgradé, récupéré toutes les reliques et accompli tous les niveaux, y compris les bonus. Le challenge n’est pas vraiment relevé, une fois que l’on comprend les mécanismes d’une salle, celle-ci se passe sans difficulté. De même, le fait de pouvoir remplir ces fioles quand on veut, et ce, gratuitement, aide beaucoup, dans la mesure où les liquides sont tous aussi cheatés les uns que les autres (regagner toute son énergie, bénéficier d’une invincibilité temporaire, etc.). Après, comme je l’ai mentionné plus haut, vous pouvez vous en passer si vous voulez relever la difficulté. Finir le jeu débloque un New Game+ permettant de refaire le jeu avec toutes ses améliorations, rigolo, mais anecdotique. De même, des mots de passe sont trouvables un peu partout sur la toile débloquant quelques modes intéressants, dont un mode Speedrun. Enfin, toute une panoplie de succès est à débloquer, avec des objectifs bien précis, très différent de ce qui se fait habituellement (il ne s’agit pas de finir un niveau pour débloquer un succès). Reste que des DLC sont à prévoir, gratuits apparemment, avec de nouveaux bonus.

Shovel Knight est ce jeu qu’on commence, sans prétention, on pense d’abord à un jeu indépendant lambda, comme il en sort tous les jours de chaque semaine. Pourtant, très vite,  l’a priori cède la place à un jeu plutôt addictif, aux vieux mécanismes, certes, mais terriblement bien utilisés. On peut trouver les inspirations un peu trop flagrantes, mais Shovel Knight parvient malgré tout à se forger une identité. On assiste de plus en plus auprès de certains joueurs à une défiance auprès des jeux indépendants, je trouve personnellement que Shovel Knight parvient à prouver que cette catégorie de jeu peut toujours nous surprendre. Si le jeu était réellement sorti sur NES, nul doute qu’il serait considéré comme un des meilleurs jeux sortis jusqu’à présent et que le Shovel Knight participerait au casting du prochain Smash Bros. Bref, à jouer de toute urgence !

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9 commentaires pour Shovel Knight : Bernie, le jeu vidéo !

  1. P’tit test du jeu bien sympatoche, et merci encore pour le jeu 😀

  2. supermagicpie dit :

    Oh comme j’ai hâte qu’il sorte sur 3DS ! :O

  3. xPRINCE VALIUMx dit :

    Bonne critique qui donne encore plus envie ! Malheureusement, il semblerait qu’une sortie en Europe pour septembre sur WiiU ne soit pas encore assurée. Je vais devoir encore attendre avant d’y toucher 😦

  4. Kokoro dit :

    Les avis que j’ai lu dessus sont très positifs et j’ai hâte de pouvoir y jouer! Surement sur 3DS je pense, ça me semble être un bon support pour un jeu de ce genre =)

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