The Last Window : Le Secret de Cape West

CoverHello à tous, aujourd’hui je vais tester un jeu DS et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit d’un visual novel sur Nintendo DS, j’ai nommé The Last WIndow : Le Secret de Cape West (TLW). Il s’agit d’un Graphic Novel, développé par le défunt studio Cing et édité par Nintendo, TLW est la suite directe de Hotel Dusk : Room 215 (de titres à rallonge). Une fois encore, nous y retrouvons Kyle Hyde, dont les activités de prospecteur cachent une sorte de détective travaillant pour la société Red Crown, spécialisée dans la recherche d’objets. Le test est garanti sans spoils.

Le synopsis est le suivant : Los Angeles, 1980. Alors que la résidence Cape West – où habite Kyle Hyde – est promise à la démolition, Kyle Hyde reçoit une lettre étrange lui demandant de retrouver un objet particulier dissimulé dans cette résidence. Cet objet semble lié au passé du lieu, et l’enquête conduira le détective à s’intéresser davantage aux différents locataires de la résidence, mais aussi à son propre passé. L’histoire est vraiment intéressante à suivre, bien qu’elle mette du temps à s’installer. En effet, les trois premiers chapitres sur les dix composant le l’aventure servent à planter le décor, présenter les personnages et montrer au joueur comment jouer. C’est un peu long certes, mais c’est nécessaire, un peu comme dans un roman d’Agatha Christie. Pour le reste, l’histoire va crescendo, avec de nombreux rebondissements, de nombreuses révélations dignes d’un polar. Il y a quelques références à Hotel Dusk, mais celui qui n’y a pas joué ne sera pas pénalisé pour autant.

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Avant d’aborder la partie graphique et technique, je vais d’abord insister sur la prise en main. Si la DS se tient habituellement à l’horizontale, ici, on l’incline à la verticale, comme un livre, ce qui est assez original. Alors oui, les trucs du professeur Kawashima c’est pareil, mais au moins dans TLW, ça influe sur la jouabilité. En début de partie, on demande au joueur s’il est gaucher ou droitier, de manière à orienter l’écran tactile vers la main maîtresse. L’ensemble du jeu utilise les fonctionnalités de la console. Ainsi le stylet permettra de se déplacer sur un plan représentant les salles de manière schématique, tandis que l’autre écran nous montrera les salles en vue à la première personne et ce, tout en 3D. Je tiens à signaler que l’intégralité de l’aventure se fera dans la résidence sans avoir la possibilité d’en sortir. De même, le stylet servira à interagir avec le décor, certains objets, à la manière d’un point&click (je prends un objet, je le combine avec un autre, etc.). Il est même possible de prendre des notes dans un carnet réservé à cet effet. En ce sens, jamais le stylet n’aura aussi bien été exploité dans un jeu d’aventure que dans ce jeu. Mais ce n’est pas tout ! Certaines énigmes nécessiteront d’utiliser le micro, tandis que d’autres utiliseront l’écran tactile plutôt intelligemment et enfin, il reste quelques énigmes qui exploiteront les deux écrans de la DS.

L’aventure se scinde en deux parties, une partie exploration/recherche, que je viens de décrire, et une autre, orientée vers les discussions avec les autres résidents, montrant au passage les magnifiques illustrations servant au chara design (je vais y revenir). Ces passages peuvent conduire à des interrogatoires où le choix des questions/réponses peut conduire à un game over assez frustrant si on ne réfléchit pas un minimum. Ca oblige le joueur à rester vigilant plutôt que de spammer l’écran tactile pour avancer le plus vite possible. De même, chaque fin de chapitre sera l’occasion de faire le point sur ce que le joueur aura appris durant son enquête, afin de vérifier si le joueur est toujours attentif à l’histoire. Ici, l’échec n’est pas sanctionné, mais les bonnes réponses seront nécessaires pour clore le chapitre. L’aventure est assez linéaire, parfois un peu trop dirigiste, mais c’est assez normal dans un jeu de ce type. Le joueur est rarement perdu, il est même possible, via la touche select, de consulter les derniers dialogues au cas où le joueur aurait oublié quoi faire, où aller…

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Graphiquement, les illustrations représentant les personnages sont magnifiques, enfin j’adhère beaucoup à ce style, très comics, collant plutôt bien à l’ambiance, très polar, très années 80, ça me fait penser un peu au clip de Take on me de A-ha. Ces illustrations sont plutôt bien animées, que ce soit lors des phases de discussions ou pendant les rares cinématiques du jeu. De l’autre côté, les différents sur lesquels le joueur déplace Kyle Hyde sont plutôt bien détaillés, la vue 3D est assez sommaire, sans être moche, on ne peut pas dire que c’est une tuerie dans son genre.  Si toute l’aventure se passe dans la résidence, les différents lieux visités sont suffisamment variés pour que l’on n’ait pas trop l’impression de visiter tout le temps les mêmes pièces. Après, je peux concevoir que ce choix peut être perçu comme un défaut. Mais d’un autre côté, l’enquête concerne la résidence, je vois mal le héros aller autre part, puis l’histoire se veut comme un huis clos, en s’intéressant à tous les personnages, mais surtout à la résidence, véritable personnage à part entière. Le gros défaut graphique à mon goût est l’incrustation des dessins dans la vue 3D pendant les phases d’exploration. Il faut bien avouer que c’est plutôt moche.

D’un point de vue technique, je n’ai pas eu de bugs particuliers, le stylet est assez précis, même quand on prend des notes. Les énigmes dans l’ensemble sont assez simples, même si je dois reconnaître que quelques-unes en cours d’aventure sont vraiment tirées par les cheveux et la dernière énigme, que même si je l’ai réussie, je n’ai toujours pas compris comment j’ai fait. Point&click oblige, on se retrouve parfois à utiliser un objet complètement hors sujet pour avancer, ce qui nécessite au joueur d’être assez minutieux dans ses recherches (les objets clé ne sont pas indiqués), de bien examiner les décors pour éviter de tourner en rond. Un véritable défaut du jeu selon moi, c’est la bande son. Nous avons le droit à la meilleure compilation de musiques d’ascenseur qui existe. J’exagère, mais pas tant que ça. Quelques musiques sont agréables à l’oreille, d’autres viennent ponctuer certains moments de l’aventure, mais dans l’ensemble, la DS nous a habitué à mieux. Ce n’est certainement pas pour ses musiques que TLW marquera, ou alors, si mais pas pour de bonnes raisons.

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La durée de vie est honnête, un chapitre se termine en moyenne en une heure (parfois plus, parfois moins). La re-jouabilité semble proche du néant, mais une fois le jeu terminé, quelques mini-jeux se débloquent et il est même possible au joueur de redécouvrir l’aventure sous la forme d’un véritable roman digital montrant l’histoire sous un autre angle. En définitive, nous avons là une excellente aventure, dans la lignée de ce que Hotel Dusk pouvait proposer (un peu trop diront certains). Loin d’être inoubliable, l’histoire est agréable à suivre et parvient à rendre les différents résidents assez attachants (enfin pas tous). Outre les défauts déjà cités, on pourrait regretter que l’implication du joueur ne soit pas assez prononcée, de manière à influencer l’histoire d’une manière ou d’une autre, avec différentes fins à débloquer. Mais vu l’histoire, je reconnais que ça aurait été difficile à mettre en place. J’ai passé un bon moment sur ce jeu, ça m’a donné envie de replonger dans Hotel Dusk, ainsi que dans la série des Another Code, du même studio. Sans pour autant révolutionner, la prise en main originale aurait dû servir d’exemple pour le genre sur DS.

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4 commentaires pour The Last Window : Le Secret de Cape West

  1. Hum, intéressant, intéressant. On m’a pas mal vanté ce jeu mais je ne l’avais jamais testé quand j’avais une DS. J’essaierais de le faire d’une manière ou d’une autre un jour.

    • Ca aurait pu ouvrir la voie à un style de jeu vraiment pensé pour la DS, ms ils ne se sont pas bcp vendus et depuis, le studio a fermé, c’est dommage parce que même si les histoires manquent d’enjeux, l’ambiance est assez prenante pour nous donner envie de poursuivre ^^

  2. El-Koala dit :

    J’avais commencé Hotel Dusk mais jamais terminé, il faudrait que je le recommence. C’était pas si mal. 🙂

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