Metal Gear Rising : Revengeance : vrai ou faux Metal Gear ?

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Aujourd’hui, ce n’est pas une critique que je vous propose, mais plutôt une petite réflexion autour d’un jeu, d’un sujet que je vais essayer d’analyser autour d’une question précise qui peut être sujet à débat.  Il ne s’agira pas de prendre le jeu dans sa globalité, mais de réfléchir sur certains de ses aspects comme l’univers, le scénario ou encore le gameplay. Vous l’avez deviné, je vais aborder est Metal Gear Rising : Revengeance, développé par Platinum Games, édité par Konami et sorti chez nous en février 2013. Après avoir lu à de maintes reprises que MGR était un viol d’une saga, que ça n’avait rien d’un Metal Gear, et pire encore, que Platinum Games a exacerbé les incohérences autour de l’univers de Hideo Kojima, que le studio n’était pas adapté pour un Metal Gear, je me suis demandé s’il s’agissait d’affirmations légitimes. Après avoir terminé le jeu une première fois, et en tant que fan de la saga, voici ce que j’en pense. Il risque d’y avoir pas mal de spoils.

Tout d’abord, il est assez intéressant que la principale critique à l’encontre de Metal Gear Rising vient du fait que l’infiltration y est absente. « Non, mais allô quoi, c’est un Metal Gear et y a pas d’infiltration ». Par quoi commencer ? Dire que Kojima avait dès le début l’intention d’en faire un Beat’em All et de mettre l’infiltration au second plan ? Dire qu’il s’agit d’un Spin-off, donc qu’il s’éloigne des canons de la série ? Troller et rappeler que dès Metal Gear Solid 4, l’infiltration était déjà mise à mal ? Il y a plein d’explications logiques à cette raison, mais il convient de rappeler que certains passages font de l’infiltration un objectif optionnel. Je pourrai citer comme exemple ceux nécessitant la libération d’un otage ou bien le dernier dossier du jeu, dont l’obtention du succès/trophée relatif au chapitre nécessite de traverser le niveau sans se faire repérer. L’infiltration dans Metal Gear Rising n’est donc pas une fin en soi, mais renvoie à la série dont elle est issue. Ce n’est pas pour rien que l’on retrouve des éléments propres à l’infiltration issus de la série originale. S’il est dommage de ne plus pouvoir se coller contre un mur pour voir ce qu’il se passe aux alentours, il est toujours possible d’utiliser des items tels que les boîtes en carton, les bidons pour se dissimuler ou bien les objets permettant de créer une diversion.

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Ces différents éléments me conduisent à aborder le cas de l’univers de Metal Gear, que l’on prétend souillé par Platinum Games. Si le scénario est loin de nous rappeler la profondeur des trois premiers Metal Gear Solid (non, je ne parlerai pas de MGS4 que je considère comme un pur produit de fan-service), tout le background de Metal Gear Rising n’est pas à jeter, bien au contraire. De ce point de vue, je le rapprocherai d’un certain Peace Walker. En effet, outre les petits clins d’œil dissimulés par ci par là, que ce soit l’affrontement contre un Metal Gear Ray en début de partie, les points d’interrogation/d’exclamation ou encore les sons typiques Metal Gear, les différentes conversations du Codec (ici encore, optionnelles) montrent à quel point l’univers Metal Gear a été respecté dans Metal Gear Rising. Pour un fan, il s’agit d’une mine d’informations sur ce qu’il aurait pu se passer depuis la fin de MGS4, sur la situation géopolitique mondiale, sur ce que sont devenus certains personnages tels que Solid Snake, Rose, Otacon, Sunny, etc. Des éléments qui pourraient très bien utilisés pour un épisode canonique.

Ceux qui parlent de trahison n’ont certainement pas pris le temps d’écouter les très longues discussions possibles par l’intermédiaire du Codec tout comme ceux qui considèrent Peace Walker comme une trahison alors qu’ils n’ont pas pris le temps d’écouter une seule des cassettes audio (ici encore, il s’agit d’une action optionnelle). D’un côté on critique quand c’est trop verbeux, de l’autre, il y a quand même critique dès lors qu’il est laissé au choix du joueur de déclencher les discussions (pas de profondeur, personnages vides, etc.). Certes, cela casse le rythme, mais les imposer aurait tout autant cassé le rythme du jeu, Rising en particulier, puisqu’il repose sur de l’action frénétique, dynamique. J’ai pu lire qu’il y avait de nombreuses incohérences scénaristiques par rapport à la saga originale. L’exemple le plus flagrant étant celui concernant le sang artificiel de Raiden, blanc dans MGS4, il devient rouge dans MGR. Déjà, on parle d’un détail, mais de plus, cet élément est parfaitement expliqué lors d’une discussion avec le Dok, si tant est qu’on ait pris le temps de déclencher cette discussion. D’autre part, il convient aussi de rappeler que toute la saga de Metal Gear est bourrée d’incohérences scénaristiques, et c’est bien un fan qui vous le dit.

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Non, pour un Spin-off, Metal Gear Rising respecte la saga dont elle est issue. Si évidemment le jeu n’est pas exempt de défauts – je pense notamment à une durée de vie assez faible, à un certain manque de variété dans les situations (contrairement à un Bayonetta par exemple), ou alors à un boss final assez inattendu (inattendu dans le sens raté), mais sans la même stature que des boss comme Liquid Snake ou The Boss – l’expérience proposée par Metal Gear Rising est assez intense, et me rappelle à quel point je rêvais d’un tel jeu lors de ma première rencontre avec le Cyborg Ninja de Metal Gear Solid. Si le scénario n’est pas vraiment à la hauteur, l’univers est suffisamment travaillé et les thèmes choisis (le trafic d’enfants, l’économie de guerre, ce qu’il reste d’humanité dans un homme mécanisé, etc.), bien que laissant peu de place à une réflexion ouverte, sonnent très Metal Gear. Quand on regarde la première vidéo du jeu par la Kojima productions et qu’on voit ensuite le résultat final par Platinum Games, bien que loin de leurs précédentes productions en termes de gameplay (un peu plus brouillon à mon sens), on se rend compte à quel point le jeu revient de loin. Ce n’est pas un copier/coller des opus classiques, mais on en retrouve suffisamment d’ingrédients pour qu’un fan de l’univers ne se sente pas trahi, tout comme un néophyte pourra aborder le soft sans être largué par les événements, comme cela a pu être le cas avec MGS4.

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