Murasaki Baby : un joli conte hélas trop court…

CoverHello à tous, aujourd’hui, je vais vous parler d’un jeu, mais pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Murasaki Baby, développé par Ovosonico, édité par Sony et sorti sur Vita le 17 septembre 2014 chez nous. Nous avons à faire à un jeu de plateforme, d’aventure et de réflexion intégralement jouable via les fonctionnalités tactiles (avant et arrière) de la console. Seul un passage est jouable aux sticks. Cette critique présentera quelque spoils. Nous y incarnons une petite fille, sortie tout droit de l’imagination de Tim Burton, au visage rond, et dont l’inversion des yeux et de la bouche lui donne un aspect atypique, qui pourrait éveiller de la répulsion chez le joueur au premier abord. La petite fille se réveille donc seule, perdue et à la recherche de sa mère. Pour se faire, le joueur devra la guider à travers différents tableaux dans lesquels elle rencontrera des individus aussi étranges qu’elle avant d’atteindre son but final.

L’histoire en elle-même est très avare en explication, laissant la part belle à l’interprétation. La petite fille que l’on guide a peur du monde extérieur, on ressent ses émotions lorsque l’on doit l’aider à se déplacer, quand elle se sent en confiance, elle nous suit en trottinant, mais quand elle ne l’est pas, elle traîne des pieds. Elle a peur de l’inconnu, même quand il s’agit d’un enfant de son âge, qui sort du lot et à travers son aventure, elle apprendra à le connaître, à l’accepter et à se lier d’amitié avec. Cette histoire, c’est peut-être un peu celle de tous les enfants, que l’on laisse à l’école pour la première fois par exemple, ils ne connaissent alors personne, timides, ils veulent retrouver la sécurité assurée par la figure maternelle et se rattachent à n’importe quoi pouvant rappeler cette figure (ici il s’agit d’un ballon de baudruche, qu’il ne faut perdre sous aucun prétexte, symbolisant l’unique point de vie de l’héroïne). Ce n’est malheureusement qu’au bout de deux heures de jeu que ce voyage initiatique s’achève dans lequel la petite fille aura appris des vertus telles que le courage ou la tolérance. Deux heures… C’est à la fois trop peu au regard du potentiel que pouvait avoir une telle aventure, construit comme un conte pour enfant, mais aussi amplement suffisant afin de ne pas être lassé par le gameplay, mais je vais y revenir.

MB_01

Murasaki Baby est intégralement en 2D suivant un scrolling horizontal. C’est simple, on va quasiment toujours de gauche à droite et on ne revient jamais dans les endroits que l’on a visité. L’ambiance, comme je l’ai mentionné rappelle un conte pour enfant, les graphismes donnent une impression de crayonnés agréables à regarder. Les personnages comme les décors sont parfaitement animés, les personnages ont de telles animations qu’il semble presque impossible de ne pas se prendre d’affection pour l’héroïne qui est attentive au moindre détail de l’écran, qui sursaute si elle est effrayée, qui pleure quand elle perd son ballon, etc. Quant aux décors, ils sont suffisamment variés et sont utiles pour la résolution d’une majorité d’énigmes. Chaque décor possède un « pouvoir » que l’on active sur simple pression du pavé tactile et donne lieu alors à une animation bien foutue et limitée dans le temps. L’ambiance s’accompagne d’une bande son plus que sympathique.

Parlons maintenant du gameplay. Comme je le disais, Murasaki Baby fonctionne au tout tactile, exploitant toutes les fonctionnalités tactiles de la Vita. Avec l’aide du tactile avant, on déplace le personnage, on rattrape son ballon, avec le pavé tactile arrière, on interagit avec les décors afin de résoudre les différentes énigmes proposées. La difficulté va crescendo mais il n’y a rien d’insurmontable, après un ou deux fails, on trouve assez rapidement la solution. On retrouve d’ingénieuses idées, comme retourner la console pour inverser la gravité par exemple. Le seul bémol à mon goût se situe vers les dernières énigmes, demandant énormément d’attention pour déplacer le personnage, switcher entre les décors et leurs effets, le tout la console à l’envers. Sur le papier, c’est bordélique, et ça l’est aussi en plein jeu. Et en tant que joueur gaucher (je n’ai pas dit gauche), se servir de cette main n’est pas recommandée, puisque dans ce cas-là, notre main masque une partie de l’écran… C’est la raison pour laquelle je persiste quand je dis que si le jeu avait duré plus longtemps avec un tel gameplay, il aurait lassé. Il aurait peut-être fallu trouver d’autres idées, ou ne pas renier l’ensemble des autres touches de la console. Je reste d’avis qu’à ce niveau, Tearaway demeure le meilleur jeu exploitant TOUTES les capacités de la console portable.

MB_02

La durée de vie de deux heures reste néanmoins un gros frein au jeu, même si le jeu est plaisant et même si plus avec le même gameplay aurait été lourd, Murasaki Baby est quand même vendu dix euros plein pot. Certes, c’est toujours plus que Metal Gear Solid V : Ground Zeroes, mais ici, la rejouabilité est proche du néant. Surtout qu’en relançant une partie, on écrase forcément celle que l’on vient d’achever. On y reviendra probablement une fois l’histoire oubliée, ou bien pour présenter la Vita à un pote ou à sa moitié. Mais c’est dommage, à l’image d’un Dokuro par exemple, le jeu aurait pu être un peu plus chiche en terme de contenu. Des défis ? Des items cachés ? Des trucs à débloquer ? Que sais-je. Mêmes les trophées ne font pas semblant et se débloquent à mesure qu’on joue, le dernier se débloquant une fois le générique de fin visionné (ce qui rajoute tout de même entre cinq et dix minutes de durée de vie au soft). De plus, si j’apprécie de temps à autres des jeux qui permettent au joueur de se faire une idée de ce que veut dire l’histoire, sans qu’on lui assène les quatre vérités du jeu en pleine face, ça ne plaira pas forcément à tous les joueurs. Certains auront l’impression de traverser juste une succession de tableaux sans liens, arriveront au générique final et se sentiront trahis.

Au final, Murasaki Baby n’est pas à mettre entre toutes les mains. L’ambiance est là, graphiquement et techniquement, le jeu est abouti. La musique est magnifique. Néanmoins le jeu demande peut-être trop d’investissement, à la fois venant de sa poche, mais aussi de soi-même, surtout au regard de la durée de vie. Il faudra sans doute se faire violence pour essayer de trouver, de comprendre l’histoire contée par Murasaki Baby. Reste un jeu pourtant très intéressant, qui m’a quand même plu, qui a su quand s’arrêter et qui propose une histoire finalement très touchante. Un jeu à faire assurément, mais peut-être à un prix plus abordable.

Publicités
Cet article, publié dans Jeux critique, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Murasaki Baby : un joli conte hélas trop court…

  1. El-Koala dit :

    Ça a l’air sympa à faire mais, nom de dieu, 10€ pour 2h de jeu ! Mais de toute façon, je n’ai pas de Vita.
    Mais ça a l’air sympa quand même !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s