Batman Noël : l’étrange Noël de Mr. Batman

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Chaque année, à l’occasion des fêtes de fin d’année, nous avons le droit à une énième adaptation du conte de Noël, le Chant de Noël de Charles Dickens. Cette histoire, pour ceux qui l’ignorent, raconte comment la nuit précédant Noël, à Londres, un vieillard égoïste et avare nommé « Ebenezer Scrooge » reçoit la visite du fantôme de son défunt associé Jacob Marley venu lui dire que son comportement ne peut le rendre heureux, car s’il continuait il supporterait de lourdes chaînes pour l’éternité et peut-être même davantage. Plus tard, durant les trois nuits suivantes, Scrooge reçoit la visite successive de trois fantômes incarnant les Noëls passé, présent et futur. Parmi les adaptations les plus célèbres, il y a bien sûr Le Noël de Mickey, première rencontre entre Mickey Mouse et Scrooge Mc Duck (Balthazar Picsou pour les intimes), mais aujourd’hui, je vais parler d’une adaptation plus libre et plus originale, puisqu’elle concerne l’homme chauve-souris, par le très talentueux Lee Bermejo (à la fois dessinateur et scénariste) sorti le 7 décembre 2012, édité par Urban Comics.

La nuit de Noël, Batman traque un petit malfrat à la solde de son pire ennemi (le Joker pour ceux qui n’ont pas suivi). Cette course-poursuite par une froide nuit d’hiver va l’amener à rencontrer trois visions du passé, du présent et de l’avenir, et à s’interroger sur les tenants et aboutissants de sa croisade contre le crime. L’histoire semble se passer quelques temps après la mort de Jason Todd – second Robin – période durant laquelle Batman sera beaucoup plus solitaire, plus intransigeant. Si la comparaison entre Batman et Scrooge s’arrête  à un comportement froid, violent, le parallèle qu’offre Bermejo est assez intéressant. Ceux qui connaissent l’histoire originale savent qu’une métamorphose du personnage principal va avoir lieu durant le récit, cette métamorphose est assez bien amenée et tient parfaitement la route dans ce Batman. L’histoire n’est pas surprenante en elle-même, mais l’intérêt réside dans les personnages utilisés, surtout ceux qui évoquent les fantômes du passé, présent et futur.

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Je ne dirai pas de qui il s’agit, pour ne pas gâcher la surprise, mais sachez que leur utilisation est juste parfaite, le passé traitant à la fois du passé de Batman en tant que personnage fictif, mais aussi le passé de Batman dans la batverse. Toutefois, je reste surtout sur le Q face au fantôme du présent, tellement impressionnant par son arrivée, son dessin immaculé, lumineux, créant un contraste saisissant entre un Batman vraiment sombre, dans un Gotham morose, presque fantomatique et un personnage rayonnant, bénéficiant d’une dimension quasi biblique, idéale pour un conte de Noël. L’histoire se lit assez bien, elle a la particularité de ne pas proposer beaucoup de bulles, l’histoire se suivant via quelques phrases, racontant l’histoire de Scrooge et qui viennent légender les illustrations.

Les dessins, parlons-en ! Sans doutes une des plus grosses claques que je me suis prise, rien que ça ! Les illustrations sont d’une beauté, et on imagine qu’elles pourraient parfaitement illustrer un vieux bouquin de contes de Noël. Le design de Batman, celui des personnages secondaires, la construction des cases, de l’histoire, Lee Bermejo est un génie, et j’attends dorénavant de pied ferme ses futures productions (et pourquoi pas un arc en association avec Scott Snyder ?). Mais que seraient ces dessins, aussi beaux soient-ils, sans la mise en couleur de Barbara Ciardo, coloriste italienne dont je suis sous le charme (en plus, il y a une photo d’elle à la fin de l’ouvrage). Elle apporte une véritable identité aux dessins de Bermejo et renforce le contraste dont je parlais plus haut entre Batman et le fantôme du présent. D’ailleurs, Urban a eu la bonne idée de présenter des croquis de Lee Bermejo après l’histoire, des croquis commentés par le dessinateur lui-même et permettant de mieux se rendre compte de la valeur ajoutée apportée par Baraba Ciardo et ses couleurs. Le duo fonctionne à merveille.

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En définitive, nous avons là une excellente histoire de Batman, dont le parallèle avec l’histoire de Scrooge est très intéressant. Urban termine l’année Batman en beauté avec une belle histoire qui devrait figurer sous le sapin ou entre les mains des fans de l’homme chauve-souris. Quelques inconvénients toutefois : quelques incohérences dans l’histoire, notamment suite à l’intervention du fantôme du présent, une histoire qui aurait mérité d’être un poil plus longue, et surtout la sur-utilisation du Joker qui, même s’il est très bien utilisé, ferait presque oublier qu’il existe d’autres vilains intéressants dans la Bat-verse. De petits défauts qui n’entacheront pas le plaisir de la lecture.

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3 commentaires pour Batman Noël : l’étrange Noël de Mr. Batman

  1. Je me souviens vaguement de cet album, et j’avais assez apprécié.

  2. Peb dit :

    ça donne envie ce petit album de noël. Mais il me semble qu’il était déjà sorti l’année dernière non? A moins qu’ils n’en ressortent un différent par un autour de la même thématique? Il risque en tout cas de rejoindre ma petite collection de comics Batman 😉

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